Layton joue la carte de la sécurité, Martin celle des personnes âgées

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, faisait campagne hier à Surrey, dans la région de Vancouver, où il rencontrait des membres des communautés culturelles.
Photo: Agence Reuters Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, faisait campagne hier à Surrey, dans la région de Vancouver, où il rencontrait des membres des communautés culturelles.

Après les conservateurs, le Nouveau Parti démocratique s'est lancé à son tour, hier, sur le terrain de la sécurité, en promettant de freiner la vente d'armes illégales, d'investir davantage dans les effectifs policiers et d'armer les agents des douanes. De son côté, le premier ministre Martin a tenté de séduire les personnes âgées en annonçant des mesures totalisant 1,7 milliard de dollars destinées aux aidants naturels et aux aînés.

Les néo-démocrates souhaitent notamment modifier la loi sur les jeunes contrevenants pour permettre de traiter les personnes de 16 ans qui commettent «des infractions avec armes à feu devant un tribunal pour adulte». «Lorsque vous avez 16 ans, vous avez le droit de conduire une auto, a expliqué Jack Layton. On pense que lorsque vous avez 16 ans, vous devriez pouvoir aussi voter. On pense que si vous portez une arme, alors vous devriez être jugé comme un adulte à l'âge de 16 ans.»

Une idée dénoncée par certains de ses candidats. «Je ne partage pas du tout ce point de vue, a lancé le candidat néo-démocrate dans Outremont, en entrevue sur les ondes de RDI. Il y a un lien direct entre pauvreté et criminalité et on doit s'attaquer d'abord à la pauvreté», a-t-il dit, ajoutant que «les plus grands crimes, ce sont les crimes économiques».

Son chef s'est tout de même défendu d'effectuer un virage à droite. «La façon dont nous abordons la politique est de mettre de l'avant les meilleures idées», a soutenu M. Layton. Les conservateurs ne parviennent pas à comprendre comment l'inégalité, la pauvreté et le sentiment de désespoir peuvent alimenter le crime, a ajouté le dirigeant du NPD. Il entend pour sa part apporter un soutien de plus de 100 millions de dollars annuellement pour venir en aide aux «jeunes à risque» en travaillant avec les communautés.

Jack Layton a également promis de s'attaquer à la prolifération des armes illégales. Ainsi, il entend établir une «peine minimale de prison de quatre ans pour la possession illégale et la vente d'armes à feu à autorisation restreinte, comme les armes de poing et les armes automatiques». Même chose pour l'importation d'armes illégales. Pour ce faire, le NPD consoliderait les postes frontaliers en permettant aux douaniers d'être armés, une mesure annoncée la veille par les conservateurs.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) recevrait aussi sa part des deniers publics destinés à la sécurité avec les néo-démocrates, surtout pour lutter contre le gangstérisme. Les conditions de libération sous caution ou de libération conditionnelle seraient également renforcées, à l'image de ce que propose Stephen Harper. M. Layton entend par ailleurs investir 50 millions de dollars par année dans un «programme national de protection des témoins» et une somme équivalente pour venir en aide aux victimes de crimes.

Paul Martin se tourne vers les aînés

De passage dans un centre pour aînés de Whitby, à l'est de Toronto, le premier ministre Paul Martin a tenté de séduire les personnes âgées en annonçant des mesures totalisant 1,7 milliard de dollars destinées aux aidants naturels et aux aînés.

Il a notamment pris l'engagement de créer un programme de congés familiaux qui permettrait aux gens qui prennent soin d'un proche gravement malade de s'absenter du travail pendant une période allant jusqu'à deux mois, sans perdre leur emploi. Les libéraux consacreraient 1,2 milliard sur cinq ans pour venir en aide aux trois millions d'aidants naturels au Canada.

Cette initiative, qui serait financée à même l'assurance-emploi, s'ajoute aux prestations de compassion, instaurées en 2004, qui offrent aux salariés des congés d'une durée maximale de six semaines, mais seulement dans le cas d'un proche en phase terminale.

Le mois dernier, le Conseil canadien de la santé a publié un rapport qui dénonçait le manque de flexibilité des congés de compassion. En raison des règles trop strictes, tout juste 4 % du budget du programme a été dépensé jusqu'ici. Les libéraux ont donc renouvelé hier leur intention d'élargir la mesure aux frères et soeurs, aux petits-enfants, à la belle-famille, aux tantes, aux oncles, aux neveux et aux nièces, entre autres. Ils ont aussi promis de mieux la faire connaître.

Paul Martin s'est par ailleurs engagé à créer un régime enregistré d'épargne invalidité, qui permettrait aux proches d'une personne handicapée de verser dans un compte des contributions déductibles d'impôt et transférables à cette personne, si elle est à leur charge. Coût sur cinq ans: 100 millions de dollars. Le premier ministre entend aussi transférer 150 millions aux provinces sur cinq ans, afin de financer des programmes d'emploi pour les handicapés. Ces promesses s'ajoutent à la somme d'un milliard de dollars que le gouvernement a réservé, sur cinq ans, pour les aidants naturels.

Avec la Presse canadienne