Le milieu torontois des affaires se plaint du déséquilibre fiscal

Toronto — Les entreprises et les résidants de Toronto paient un montant d'impôts «injuste» pour soutenir les investissements du fédéral dans le reste du Canada, a déclaré hier la chambre de commerce de la ville.

L'organisme a interpellé les politiciens fédéraux afin qu'ils se prononcent sur cette question durant la campagne.

Soutenant que Toronto mérite «plus de respect» pour sa contribution aux surplus du gouvernement fédéral, le président de la chambre, Glen Grunwald, a indiqué qu'il existait un déséquilibre de 6,6 milliards de dollars entre les milliards de dollars que les contribuables torontois versent dans les coffres d'Ottawa et la contrepartie financière qu'ils reçoivent du fédéral.

Selon M. Grunwald, cette situation explique pourquoi le métro de Toronto est «en ruine», que des milliers de logements subventionnés «pourraient être condamnés» et que les rives du lac Ontario sont sous-développées malgré les promesses du fédéral pour revitaliser ce secteur.

Il a affirmé que, sans l'aide d'Ottawa, les Canadiens ne pourront compter sur la principale ville du pays pour subvenir financièrement aux besoins du reste du Canada.

«La part de ressources publiques qui est siphonnée de Toronto est maintenant si importante [...] que notre prospérité et notre qualité de vie sont maintenant en jeu, a dit M. Grunwald. Nous savons que Toronto est l'endroit le plus riche du Canada et nous sommes fiers de contribuer au reste de la nation. Toutefois, cet énorme déséquilibre fiscal est en train de saigner notre ville à blanc.»

Mince retour

Un rapport de la chambre de commerce réalisé à partir de chiffres du gouvernement fédéral indique que les revenus de l'impôt fédéral provenant de Toronto, dont la TPS, ont augmenté de 28 % au cours des 10 dernières années, tandis que le retour en investissement a diminué de 10 %.

En 2004, la chambre a indiqué que les contribuables torontois avaient fourni 20,5 milliards en revenus à Ottawa — dont plus de la moitié en impôt des particuliers —, tandis que le gouvernement fédéral a dépensé ou investi seulement 13,8 milliards en retour.

Hier, le maire de Toronto, David Miller, n'était pas disponible pour commenter mais, plus tôt cette semaine, il a prévenu que la Ville se dirigeait vers un déficit de 759 millions pour l'année fiscale en cours.

Selon M. Grunwald, le gouvernement libéral a ignoré les inquiétudes de la chambre à ce sujet; il a invité les électeurs à voter pour les candidats qui peuvent le mieux représenter Toronto au Parlement fédéral.

Toronto la rouge

Les libéraux ont remporté tous les sièges à Toronto lors des dernières élections, sauf celui du chef néo-démocrate, Jack Layton.

Le premier ministre libéral de l'Ontario, Dalton McGuinty, dénonce depuis longtemps un déséquilibre fiscal de 23 milliards entre ce que la province verse à Ottawa et ce qu'elle reçoit en fonds fédéraux.