Gens d'affaires beaucerons - Du PLC au PC, pour contrer le Bloc

Inquiets de voir le Bloc québécois remporter l'élection du 23 janvier dans la circonscription de la Beauce, une trentaine d'hommes d'affaires fédéralistes de la région ont décidé de s'allier pour inciter les électeurs à opter pour les conservateurs, jugeant que les chances des libéraux sont minces.

Pour le président de l'entreprise Béton Bolduc, Maurice Bolduc, il s'agit avant tout d'un appui «stratégique et ponctuel» et le regroupement ne s'engagera pas de façon active. Ancien militant libéral, il souligne que le milieu des affaires souhaite ainsi se prononcer «en faveur du fédéralisme». Les libéraux «croient que le pays leur appartient», dit-il, citant en exemple le scandale des commandites. Le président de l'entreprise Acier Trimax, Hébert Vachon, ajoute que le récent déclenchement d'une enquête de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui éclabousse le ministre des Finances Ralph Goodale a contribué au ressentiment envers les libéraux.

Mécontentement populaire

Les deux hommes soulignent le mécontentement populaire envers le fait que le député libéral élu dans la circonscription au dernier scrutin, Claude Drouin, ait été écarté du cabinet fédéral en 2004 parce qu'il était jugé trop près du clan de l'ex-premier ministre Jean Chrétien. Il avait auparavant occupé les fonctions de secrétaire d'État à l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec. M. Drouin, qui représente la Beauce depuis 1997, ne se représente pas cette année. M. Bolduc explique d'ailleurs que le nouveau candidat libéral Jacques Lussier, maire de la ville de Sainte-Clotilde, est «peu connu». Il a aussi député sa campagne tout récemment.

Les gens d'affaires beaucerons ont donc bon espoir que les électeurs renoueront avec le passé conservateur de la circonscription. De 1984 à 1993, le parti a représenté ce comté à Ottawa avec le député Gilles Bernier. Celui-ci a ensuite siégé comme indépendant de 1993 à 1997. Il est d'ailleurs le père du candidat conservateur à la prochaine élection, Maxime Bernier. De 2003 à 2005, ce dernier a été le vice-président de la compagnie d'assurances Standard Life du Canada, et il occupait jusqu'à tout récemment le poste de vice-président exécutif de l'Institut économique de Montréal. Au sein de ce think tank, il a notamment milité en faveur d'un taux d'imposition unique, jugeant que le système actuel «crée des iniquités et de la discrimination envers ceux qui gagnent plus d'argent».

«Un point tournant»

Le principal intéressé est évidemment ravi de l'appui de certains dirigeants d'entreprises, ajoutant que cela représente «un point tournant dans la campagne parce que notre but est de rallier les forces fédéralistes derrière nous». Il croit que les électeurs de la Beauce «sont fatigués» de parler de souveraineté et prêtent une oreille attentive aux promesses conservatrices de «régler le déséquilibre fiscal» et de «respecter les champs de compétences des provinces». Il ajoute que certains électeurs lui ont suggéré le slogan «Bernier bloque le Bloc».

Le candidat bloquiste Patrice Moore n'est pas inquiet outre mesure, même si aucun député du Bloc québécois n'a jamais été élu dans ce comté. Animateur de radio bien connu dans la région, il affirme que les fermetures d'usines de textile et les mises à pied dans l'industrie du meuble ont contribué à alimenter le mécontentement envers le gouvernement fédéral. L'appui à la cause souverainiste est important dans la région, croit-il, tout en ajoutant que les élections ne se jouent pas uniquement sur cet enjeu. En juin 2004, les libéraux, avec 41 % de votes, ont devancé le Bloc de cinq points, alors que les conservateurs ont terminé en troisième place.
1 commentaire
  • FARID KODSI - Inscrit 7 janvier 2006 12 h 33

    Bonne stratégie

    Avec le Bloc, ça bloque partout au Québec puisqu'ils n'ont aucune politique valable au Québec. Bien au contraire, le Bloc fait plus de tort que de bien du point de vue économique, le bla bla bla nationaliste de pépère Duceppe ne mène nulle part. Heureusement que Charest est là pour redresser la situation économique au niveau provincial, sinon, ce serait le chaos.