Immigration - Une coalition demande qu'on aborde les vrais enjeux

Les candidats conservateurs et libéraux au pays doivent réaliser qu'ils ne suffit pas de promettre la réduction des droits d'établissement au pays pour s'attirer le vote des immigrants, comme viennent de le faire tour à tour le chef libéral Paul Martin et le chef conservateur Stephen Harper.

L'avertissement a été donné, hier, lors d'une conférence de presse, par une coalition formée de sept groupes de défense des droits des immigrants et des minorités.

Ceux-ci demandent aux candidats des deux principales formations politiques de se prononcer sur les véritables enjeux en matière d'immigration qui sont l'abolition des certificats de sécurité, la régularisation des sans statut, la déportation vers la torture et la détention arbitraire.

«La promesse électorale de réduire graduellement les droits d'établissements ne constitue pas un enjeu fondamental. Nous sommes déjà là. Nous avons déjà payé 975 $ en entrant et 500 $ pour le traitement de notre dossier», a lancé Adil Charkaoui, sous le coup d'un certificat de sécurité qui lui a valu de passer deux ans en prison et d'être maintenant soumis à des conditions de vie sévères.

Adil Charkaoui, qui a séjourné en prison durant deux ans en vertu d'un certificat de sécurité, une mesure adoptée au moment où le ministre Coderre se trouvait à l'Immigration, a averti que l'époque où les immigrants votaient systématiquement pour le parti au pouvoir, en l'occurrence le Parti libéral, était révolue.

«Nous voulons lancer un message aux candidats et aux politiciens: le vote ethnique n'est plus acquis au Parti libéral. On peut être en faveur des valeurs canadiennes sans être libéral. Deux partis nous ont ouvert les portes, le Bloc québécois et le NPD. Ils ont fait preuve de compréhension à l'égard de sujets qui nous préoccupent», a brandi M. Charkaoui.

Ce dernier a promis de consacrer les deux prochaines semaines de la campagne électorale à convaincre les gens de sa communauté de voter contre le libéral de la circonscription de Bourassa, Denis Coderre. Ils qualifient les décisions de cet ancien ministre de l'Immigration (de 2002 à 2003) de «racistes» et anti-immigrants.

Invité à réagir, le candidat Coderre a indiqué qu'il n'avait pas été le ministre de l'Immigration tel que décrit. «Je ne m'excuserai pas pour tout ce que j'ai fait. Il est sûr qu'il y a des gens qui aimeraient qu'on accepte tout, mais je ne suis pas d'accord avec cette école de pensée. Il y a des gens qui me demandaient d'amnistier tout le monde. On ne peut pas, de façon responsable, décréter l'amnistie générale. Chaque cas est différent et important», a fait valoir le député.