Une coalition s'oppose à l'ex-ministre de l'Immigration - N'importe qui sauf Denis Coderre

N'importe qui sauf Denis Coderre. Voilà le message que lance une coalition d'immigrants formée pour faire campagne dans la circonscription de Bourassa contre le député libéral.

La coalition Votons contre Coderre accuse l'ancien ministre de l'Immigration (en 2002 et 2003) d'avoir fait adopter des politiques anti-immigrants et racistes, notamment en ne mettant pas en place l'instance d'appel prévue dans la loi pour les demandeurs d'asile et en concluant l'entente sur le tiers pays sûr qui empêche depuis un an les réfugiés qui transitent par les États-Unis de demander l'asile au Canada.

«Nous voulons démontrer que Coderre n'est pas l'ami des communautés culturelles. Il prend pour acquis le vote ethnique dans son comté. C'est un début de sortir publiquement, de montrer qu'il y a des conséquences à ses gestes», explique Sarita Ahooja, porte-parole de Solidarité sans frontières, un groupe d'immigrants connu davantage pour ses manifestations que pour son action électorale.

La coalition, qui comprend notamment des sans-statut algériens, des Palestiniens menacés d'expulsion, le comité Justice pour Adil Charkaoui (visé par un certificat de sécurité) et la Ligue des Noirs, entend mener une campagne d'affichage et distribuer des tracts dans le comté, où près de 30 % de la population est d'origine immigrante. «Ces gens savent c'est quoi être sans statut. Tout ce monde ensemble est capable de faire beaucoup de choses», fait valoir Fauzi Malik du comité des sans-statut algérien.

Outre l'adoption de la nouvelle loi de l'immigration, on reproche également à Denis Coderre d'avoir levé le moratoire en 2003 sur l'expulsion des Algériens et, surtout, d'avoir permis aux autorités de pénétrer dans une église de Québec pour expulser le leader du comité des sans-statut algériens, Mohamed Cherfi, une première dans l'histoire des sanctuaires. M. Malik reproche également à l'ancien ministre d'avoir donné le feu vert à une intervention musclée de la police pour expulser des Algériens de son bureau d'Ottawa en mai 2003 à coup de pistolets électriques (taser).

S'ils en veulent à Denis Coderre, les immigrants se gardent bien d'appuyer un autre parti, reconnaissant toutefois que la manoeuvre pourrait profiter au Bloc québécois. «Les gens peuvent aussi détruire leur bulletin de vote», laisse tomber Mme Ahooja.