Commandites - Gilles Duceppe corrige le tir

S'il se dit d'accord en principe avec un appui financier du gouvernement fédéral à des événements, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, ne veut absolument pas qu'on lui fasse dire qu'il est en faveur de commandites.

«Un programme de commandites, c'est hors de question», a répété M. Duceppe lors d'un point de presse hier. Visiblement courroucé, le chef bloquiste estime que les médias lui ont fait dire ce qu'il n'a jamais dit. «Je n'ai jamais utilisé ce mot [commandite], a lancé M. Duceppe, et j'ai gardé la même ligne que le Bloc a toujours eue sur ça, à savoir qu'il y a des programmes existants et, à travers ces programmes existants», le gouvernement fédéral devrait continuer de soutenir financièrement les événements culturels, sociaux ou sportifs.

M. Duceppe dit donc oui à un appui financier du fédéral, mais pas question de décrire cet appui par le vocable «commandite».

Connotation négative

Porteur d'une connotation négative depuis le scandale qui lui est associé, le mot «commandite» est banni du vocabulaire des chefs politiques lorsqu'il s'agit de décrire, tout simplement, un soutien financier à une manifestation culturelle ou sportive.

Mardi, après avoir taquiné le poulamon sur la rivière Sainte-Anne, M. Duceppe s'est fait demander par l'organisateur de la pêche aux petits poissons des chenaux d'intercéder auprès du prochain gouvernement pour que les événements puissent obtenir de nouveau des fonds fédéraux.

Depuis l'abolition du programme de commandites, plusieurs organismes souffrent d'un manque de fonds récurrent et ils exigent qu'Ottawa soit de nouveau au rendez-vous.

Questionné par les journalistes, M. Duceppe avait de plus mentionné qu'il ne voyait pas de problème à ce qu'un drapeau canadien soit apposé pour indiquer l'appui du fédéral. Tout est dans la mesure, faisait-il valoir. Hier, il disait ne pas vouloir entreprendre de «bataille de drapeaux».

Réagissant à la position de M. Duceppe, le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, n'a pu s'empêcher de lui répliquer avec un peu d'ironie. «Si M. Duceppe s'intéresse à aider le gouvernement fédéral à promouvoir le Canada au Québec, je suis très ouvert à cette idée», a déclaré M. Harper, sourire en coin.