Débat des chefs - Une formule inchangée en dépit des demandes du Bloc

Stephen Harper, Paul Martin et Gilles Duceppe, lors de l’un des deux premiers débats.
Photo: Agence Reuters Stephen Harper, Paul Martin et Gilles Duceppe, lors de l’un des deux premiers débats.

Ottawa — Le Bloc québécois n'aura finalement pas eu gain de cause, lui qui cherchait à faire modifier la formule des deux prochains débats des chefs pour permettre davantage d'interaction entre les leaders politiques. Le consortium des télédiffuseurs qui organise les débats, qui auront lieu les 9 et 10 janvier prochains, ont toutefois promis plus de flexibilité pour animer les échanges, même si rien de nouveau ne sera mis en place.

La première série de débats des chefs, qui a eu lieu à Vancouver en décembre, a été jugée très restrictive comparativement aux débats des élections précédentes. Aucun échange direct entre les leaders n'était permis, question d'éviter la cacophonie et de permettre davantage de s'attarder aux idées mises de l'avant par les partis politiques. La joute oratoire et les possibilités de se démarquer étaient donc passablement limitées, ce qu'a déploré le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Ce dernier a donc demandé de revoir la formule. Les autres formations politiques, qui ont dit avoir apprécié l'expérience de Vancouver, ne l'ont pas suivi dans cette démarche. Hier, le porte-parole du consortium des télédiffuseurs a confirmé que la formule ne bougerait pas. «Il n'y a pas de changement, il n'y a rien de nouveau», a affirmé au Devoir Jason McDonald.

Plus flexible

Il y aura toutefois plus de flexibilité que la dernière fois, estime M. McDonald, puisque les questions ne viendront pas du public, mais d'un modérateur. Ce dernier, moins coincé dans le temps en raison de l'absence de vidéo pré-enregistré, aura plus de latitude pour faire réagir un chef qui serait attaqué par un autre. «L'animateur fera une bonne différence, dit-il. C'est lui qui pourra permettre à un chef de répondre à une attaque. Ce sera, dans ce sens-là, plus flexible que la dernière fois.»

Au Bloc, on affirme «vivre avec la situation» et se préparer en conséquence, mais visiblement, le parti souverainiste est déçu de la décision. «Il n'y aura pas de différence, les principes sont les mêmes, soutient France Amyot, directrice des communications du Bloc. Même avec plus de flexibilité, il n'est pas certain que le modérateur aurait permis à Gilles Duceppe de répliquer à Paul Martin quand celui-ci a fait sa grande tirade sur l'unité nationale lors du débat en anglais. La modératrice avait déjà cette possibilité et elle ne l'a pas fait.»

Selon Jason McDonald, la réponse de l'auditoire au premier débat des chefs «a été très positive» et le consortium est «satisfait» de la formule actuelle, même si les cotes d'écoute ont été décevantes. Par exemple, au Québec, le débat en français n'a pas franchi la barre des 700 000 téléspectateurs, malgré le fait que l'événement était diffusé simultanément sur Radio-Canada et TVA.

Lundi et mardi prochains

Le premier débat aura lieu lundi prochain, à Montréal, et ce sera la confrontation en anglais qui ouvrira le bal. Celui en français suivra le lendemain, toujours à 20h. Les quatre thèmes, chacun débattu pendant 30 minutes, seront divulgués tout juste avant le débat. Parmi les choix, on note: le Canada et le monde, l'unité nationale, l'économie, les politiques sociales, les villes canadiennes, ainsi que l'éthique et la gouvernance.
2 commentaires
  • Roland Berger - Inscrit 5 janvier 2006 20 h 27

    Deroger a la formule

    Duceppe n'a qu'a deroger a la formule en faisant des attaques directes a ses adversaires. Paul Martin l'a fait, la main sur le coeur, et personne n'y a trouve a redire.

  • FARID KODSI - Inscrit 5 janvier 2006 23 h 15

    Les demandes du Bloc - INUTILES

    Le chef du Bloc veut à tout prix avoir une interaction avec le premier ministre Martin pour répéter une fois de plus les mêmes litanies des années précédentes - le scandale des commandites, aujourd'hui réglé et la souveraineté du Québec, une question à régler au Québec et par les Québécois.