Gare de triage d'Outremont - Lapierre offre 40 millions pour le campus de l'UdeM

Dans un exercice de marketing pour vendre le projet de développement de l’Université de Montréal à Outremont au gouvernement du Québec, le maire de l’arrondissement d’Outremont, Stéphane Harbour, le maire Gérald Tremblay et le recteur Luc Vi
Photo: Jacques Nadeau Dans un exercice de marketing pour vendre le projet de développement de l’Université de Montréal à Outremont au gouvernement du Québec, le maire de l’arrondissement d’Outremont, Stéphane Harbour, le maire Gérald Tremblay et le recteur Luc Vi

Le ministre des Transports, Jean Lapierre, veut débloquer des fonds rapidement pour permettre à l'Université de Montréal de prendre de l'expansion dans la gare de triage d'Outremont. L'effort fédéral pourrait atteindre quelque 40 millions pour décontaminer le terrain et déplacer des voies ferrées.

«Moi, j'ai offert toute ma collaboration et celle de Transports Canada au recteur [de l'Université de Montréal, Luc Vinet] lors d'une rencontre vendredi dernier à mon bureau. J'espère qu'on va faire une séance de travail avec tous les intervenants pour qu'on puisse aller le plus rapidement possible», a affirmé hier le ministre Lapierre en entrevue au Devoir.

Il s'agirait de financer la première phase du projet: 30 millions pour la dépollution, 8 millions pour créer un nouveau corridor ferroviaire au nord du terrain et 2 millions pour construire une nouvelle gare pour accueillir les voyageurs du train Blainville-Montréal de l'Agence métropolitaine de transport. Au total, le projet privé de l'Université de Montréal (UdeM) coûterait 90 millions en fonds publics. De son côté, l'UdeM devra acheter le terrain appartenant à Canadien Pacifique pour 20 millions d'ici décembre.

Jean Lapierre se dit également prêt à explorer le développement d'un programme d'infrastructures stratégiques avec le gouvernement du Québec. Mais il précise bien que tout reste à être discuté. «Je pense que c'est un choix extraordinaire et ce serait dommage de rater une belle occasion comme celle-là», a-t-il ajouté.

L'enthousiasme de M. Lapierre est partagé par le maire de Montréal. Gérald Tremblay annonçait en effet hier, en compagnie du recteur Luc Vinet, que son administration appuie le projet de l'UdeM. Avec ce nouveau partenariat, il ne reste plus qu'à convaincre Québec, où il y a vraisemblablement quelques obstacles. Là où le maire Tremblay et le recteur Vinet ont vu une excellente collaboration, Québec parle de «discussions informelles, à peine» puisqu'aucun «projet documenté» n'a encore été déposé. Une présentation officielle est prévue pour le début d'octobre.

Il demeure toutefois que le gouvernement de Jean Charest a été échaudé l'hiver dernier par le projet d'implantation du CHUM sur la même gare de triage d'Outremont. M. Vinet a répété que son projet n'a rien à voir avec le développement d'une technopole de la santé: «Il faut absolument évacuer ce concept-là, le dissocier de celui qu'on a pu avoir plus tôt.» Mais le recteur ne ferme pas la porte à ce qu'il y ait éventuellement, des projets privés développés à proximité qui seraient «associés au génie ou au secteur des affaires».

Sur cette question, Jean Lapierre a souligné qu'il avait surtout «un biais en faveur du logement social», compte tenu des besoins du quartier Parc Extension à côté.

De plus, le ministère de l'Éducation et l'UdeM n'ont pas la même évaluation des besoins d'espace de l'institution, soit 16 000 mètres carrés contre

110 000 mètres carrés. Luc Vinet reconnaît qu'«il y a différents points de vue sur la façon de rencontrer les besoins». Selon le maire Tremblay, le Québec doit capitaliser sur son créneau d'excellence qu'est la formation des étudiants étrangers.

Finalement, l'état des finances publiques n'est guère reluisant comme l'a martelé le ministre des Finances, Michel Audet. Le même discours était servi hier au cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-Marc Fournier. «Les budgets sont très limités ce qui impose des choix difficiles», a-t-on précisé.

Mais qu'importe, MM. Tremblay et Vinet ont expliqué en conférence de presse qu'il fallait avoir de la vision. M. Vinet parle déjà du campus Du Parc. Le maire Tremblay qui est en pleine campagne électorale, y voit un élément de fierté pour sa ville. «On va faire les représentations nécessaires auprès des gouvernements fédéral et provincial pour accélérer la réalisation de ce projet dans les plus brefs délais. Ça fait plus de vingt ans que Outremont attend que ce projet se réalise», a-t-il rappelé.