Ottawa consacrera un milliard de plus pour aider les autochtones

Ottawa — Le gouvernement fédéral a l'intention de dépenser au moins un milliard d'argent neuf pour améliorer la qualité de vie des autochtones, a appris la Presse canadienne.

Ce nouveau financement destiné à l'éducation, au logement et à d'autres programmes, sera annoncé le 25 novembre, à moins d'une élection hâtive, ont indiqué des sources hier.

L'aspect des conditions de vie des autochtones constituait depuis longtemps une question épineuse pour les libéraux.

Le premier ministre Paul Martin annoncera ces investissements lors d'une rencontre avec des chefs autochtones et des premiers ministres à Kelowna, en Colombie-Britannique.

Mais une campagne électorale qui surviendrait avant le vote attendu au printemps prochain «changerait les priorités pour tout le monde», a affirmé une source au sein de gouvernement, qui a accepté de parler du programme de financement sous le couvert de l'anonymat.

«Tout le monde est sur le qui-vive», a-t-il dit.

Des représentants continuent de négocier les dernières modalités qui permettraient à Ottawa de verser la somme prévue sur une période de plusieurs années.

À plusieurs reprises, les libéraux ont promis de faire le nécessaire pour éliminer ce qu'ils qualifiaient de qualité de vie «honteuse», dans plusieurs communautés autochtones: des écoles sous les normes, des maisons surpeuplées et de graves problèmes de santé.

M. Martin devrait annoncer un programme d'amélioration de l'éducation, sur les réserves, de la maternelle à la cinquième secondaire, a affirmé la source du gouvernement. L'argent sera investi dans la formation des enseignants et pour les conserver sur place. Il servira aussi à améliorer les programmes d'enseignement afin qu'ils correspondent aux normes des provinces — avec l'aide des autorités provinciales.

L'année dernière, la vérificatrice générale Sheila Fraser avait affirmé qu'à moins d'une initiative d'Ottawa, il faudrait 28 ans aux élèves autochtones pour atteindre le niveau de diplômés des élèves non autochtones.

À peine un peu plus de 40 % des résidants des réserves détiennent un diplôme d'études secondaires, contre 70 % de la population en général, indique le recensement de 2001.

Mme Fraser a critiqué Ottawa, affirmant que le gouvernement s'était peu préoccupé des bas salaires des enseignants et de leur manque de formation professionnelle. Elle a aussi indiqué que les autorités fédérales étaient incapables de dire si le budget actuel d'un milliard, investi chaque année dans le réseau d'éducation autochtone, était suffisant ou insuffisant pour atteindre les normes en vigueur.

Selon la Fédération canadienne des contribuables, des modifications systémiques sont plus nécessaires que de nouveaux investissements.

«L'argent n'est pas la principale question, a affirmé la porte-parole, Tanis Fiss. Le gouvernement dépense plus d'argent par élève, dans le réseau d'éducation autochtone, que les provinces ne dépensent dans leurs réseaux publics. Malgré cela, le résultat est quand même pitoyable. C'est le système qui doit être complètement revu.»

La rencontre du 25 novembre sera aussi l'occasion de dévoiler un programme d'amélioration du logement pour les autochtones. Les investissements qui seront annoncés pourraient aller bien au-delà d'un milliard, mais des discussions sur le sujet n'ont pas encore permis de déterminer combien d'argent neuf serait ajouté.

L'Assemblée des Premières Nations souhaite avoir un contrôle plus direct des fonds, par l'intermédiaire de nouvelles autorités responsables du logement, tandis que les Inuits craignent la lourdeur administrative.