Hausse du prix de l'essence - Les pétrolières s'expliqueront devant les députés

Ottawa — Les trois partis d'opposition à la Chambre des communes ont l'intention de talonner le gouvernement Martin dès la rentrée parlementaire pour qu'il élabore un plan d'action destiné à diminuer l'impact de la hausse du prix de l'essence sur les citoyens et les entreprises. Pour ce faire, l'opposition utilisera «tous les outils parlementaires disponibles» pour faire pression sur le gouvernement. Aussi, afin de ne pas perdre de temps, le coup de départ est donné aujourd'hui même alors que le comité de l'Industrie se réunit d'urgence à Ottawa pour entendre les pétrolières expliquer les récentes hausses de prix à la pompe.

La session parlementaire ne commence que lundi prochain mais, déjà, les députés du comité de l'Industrie se mettent à l'oeuvre pour comprendre les récentes fluctuations importantes du prix de l'essence, qui ont fait rager les automobilistes. «Lorsque le prix de l'essence a augmenté de façon importante, on a réclamé un plan du gouvernement pour contrer les effets de cette hausse», explique le député du Bloc québécois Paul Crête, à l'origine de l'initiative. «Mais comme le gouvernement ne fait rien, on a convoqué le comité de l'Industrie pour se pencher sur la situation.»

Le comité, qui réunit des députés de tous les partis politiques, entendra en matinée les pétrolières Ultramar et Pétro-Canada en plus de la grande association qui représente tous les marchands d'essence, soit l'Institut canadien des produits pétroliers. En après-midi, ce sera au tour des industries durement affectées par la montée des prix, notamment celles des transports et de l'aviation, de venir témoigner.

«On veut entre autres fouiller à fond la question des marges de profit des raffineurs, passées de 0,10 à 0,45 $ le litre en quelques jours. C'est complètement déraisonnable», soutient M. Crête.

Et les députés n'ont pas l'intention de clore le dossier après ces audiences. En fait, le comité de l'Industrie servira de levier pour accentuer la pression sur le gouvernement. Après avoir brossé un tableau de la situation, le comité rédigera un rapport avec une série de recommandations au gouvernement. Des ministres devront également venir expliquer pourquoi ils ne bougent pas dans ce dossier alors que la période de questions sera utilisée pour pousser le gouvernement dans ses derniers retranchements.

«On va utiliser tous les outils parlementaires disponibles pour faire comprendre au gouvernement qu'un plan complet est nécessaire parce que la hausse du prix de l'essence est un problème sérieux», soutient Paul Crête.

Même son de cloche chez les deux autres partis d'opposition. «C'est sûr qu'on va mettre le plus de pression possible pour faire bouger le gouvernement, mais, en bout de piste, le seul moyen d'avoir un vrai changement, c'est en changeant de gouvernement», a soutenu Dimitri Soudas, attaché de presse du chef conservateur Stephen Harper.

«On va arriver avec des propositions concrètes, notamment des façons de rendre le Canada plus efficace en matière de consommation énergétique. Il ne faut absolument pas laisser aller le gouvernement dans ce dossier», a affirmé Karl Bélanger, attaché de presse du chef du NPD, Jack Layton.