Le ministre Dion veut un examen public du terminal méthanier de Gros-Cacouna

Le ministre fédéral de l'Environnement, Stéphane Dion, a ordonné hier la tenue d'un examen public du projet de terminal méthanier de Gros-Cacouna, un projet piloté par TransCanada Pipelines et Pétro-Canada.

Cet examen sera réalisé par une commission de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale. «On s'attend à ce que les audiences publiques aient lieu aux alentours de janvier 2006 et durent environ deux semaines», a commenté le porte-parole de l'Agence canadienne d'évaluation environnementale, Robert Deslauriers.

Ces audiences se tiendront donc plus tôt que celles prévues à Lévis-Beaumont pour le projet Rabaska et cela parce que les promoteurs dans ce dernier cas (Gaz Métropolitain, Gaz de France et Enbridge) n'ont toujours pas déposé leurs études d'impact à Environnement Québec, contrairement à ceux du projet de Gros-Cacouna.

Résistance populaire

Il est vrai que la résistance populaire a été plus marquée du côté de Lévis-Beaumont, ce qui amène vraisemblablement les promoteurs à peaufiner leur étude.

«Dans une semaine environ, on va donner une directive au promoteur du projet de Cacouna qui va lui servir à préparer une étude d'impact», a indiqué le porte-parole.

En outre, au cours des prochaines semaines, a indiqué M. Deslauriers, le ministre responsable de l'agence mettra 100 000 $ à la disposition de divers groupes et individus désireux de faire valoir leur point de vue.

À la suite des audiences, la commission aura une quarantaine de jours pour remettre son rapport et ses recommandations au ministre Dion.

Estimé à plus de 500 millions de dollars, le projet en question consiste en la construction et en l'aménagement d'un terminal méthanier au port de Gros-Cacouna, le long de l'estuaire du Saint-Laurent à l'est de Rivière-du-Loup.

Il comprend le transport du gaz naturel liquéfié en plus de diverses installations, dont deux réservoirs de stockage, des pompes, des vaporisateurs, une unité d'addition d'azote au gaz naturel, notamment. Une jetée pour l'accostage et le déchargement des méthaniers avancerait de quelque 350 mètres dans le fleuve Saint-Laurent depuis l'emplacement du terminal.

Au cours d'une rencontre publique entre citoyens et représentants de Pétro-Canada et TransCanada Pipelines, tenue à la mi-juin, des participants ont posé des questions relativement à des hausses possibles de leurs assurances et du danger potentiel de la présence d'un gazoduc près des écoles.

Deux projets?

Des gens venus de Lévis ont alors posé des questions sur la pertinence pour le Québec de se doter de deux ports méthaniers, l'un à Lévis-Beaumont et l'autre à Cacouna.

Le projet de Lévis-Beaumont, désigné généralement sous le nom de Rabaska, provient de Gaz Métropolitain, de Gaz de France et d'Enbridge et comprend la construction d'un terminal de gaz naturel liquéfié composé de deux réservoirs, une jetée pour recevoir les méthaniers, des installations de pompage, de compression et de vaporisation et un gazoduc d'environ 50 kilomètres pour relier les installations existantes de Gazoduc Trans Québec & Maritimes, situées à Saint-Nicolas (rive sud de Québec).

Le ministre Dion a, en janvier 2005, ordonné la tenue d'un examen, comme il vient de le faire pour le projet de Cacouna, mais n'a donné la directive devant servir à préparer l'étude d'impact qu'au début d'avril 2005. Huit groupes et individus ont reçu une aide financière afin de leur permettre de prendre part à l'évaluation gouvernementale.

La Fédération des chambres de commerce du Québec voit d'un bon oeil la mise en place d'un port méthanier sur le Saint-Laurent qui deviendrait un second point d'entrée du gaz naturel au Québec, outre celui provenant du pipeline en provenance de l'Ouest canadien.

La fédération craint que le Québec manque le bateau en raison de l'opposition de la population, surtout, fait-on remarquer, que sont présentement à l'étude des projets de port méthanier dans des localités de la côte est américaine, deux en Nouvelle-Écosse et deux autres en Colombie-Britannique.

Le 11 juin 2005, Irving et la firme espagnole Repsol annonçaient la construction du premier terminal méthanier au Canada, à Saint John, au Nouveau-Brunswick, et indiquaient qu'ils pourraient alimenter le Québec en liquides de gaz naturel.

Il est prévu que le terminal d'Irving ait une capacité deux fois plus grande que les deux projets québécois, soit un milliard de pieds cubes par jour comparativement à 500 millions pour les terminaux de Lévis et Cacouna.