Gilles Duceppe reprend le collier

Selon Gilles Duceppe, il n’en tient qu’aux libéraux de ne pas revivre la guerre de procédures qui a sévi aux Communes le printemps dernier.
Photo: Agence Reuters Selon Gilles Duceppe, il n’en tient qu’aux libéraux de ne pas revivre la guerre de procédures qui a sévi aux Communes le printemps dernier.

Ottawa — Si le gouvernement Martin ne veut pas revivre la guerre de procédures qui a sévi à la Chambre des communes le printemps dernier, il n'en tient qu'à lui, a soutenu hier Gilles Duceppe lors d'un entretien accordé au Devoir. Mais si tout roule normalement à Ottawa, le Bloc québécois entend aborder différents dossiers cet automne, tout en maintenant dans l'actualité le scandale des commandites en vue de la campagne électorale qui se dessine à l'horizon.

Le chef du Bloc a repris le collier depuis deux jours, amorçant une tournée du Québec dans le but «de reprendre contact avec les gens» et de «promouvoir nos idées et notre programme», dit-il. Il était dans les Laurentides lundi et dans Lanaudière hier. «Il y a un contexte préélectoral aussi, il ne faut pas l'oublier. C'est important d'aller voir les gens, de parcourir le terrain», explique-t-il, faisant référence à la promesse du premier ministre Paul Martin de déclencher des élections au plus tard 30 jours après le dernier rapport du juge Gomery, attendu le 15 décembre.

Selon lui, le scandale des commandites reste un sujet chaud que les gens ne sont pas près d'oublier au Québec. «C'est une question de fond qui demeure, dit-il. Dans la vie, ce n'est pas parce que c'est clair qu'on passe à autre chose. Les gens me disent: "Comment ça se fait qu'ils [les libéraux] sont encore là?"» Même si un récent sondage paru dans le Globe and Mail souligne que seulement 2 % des électeurs canadiens considèrent le scandale des commandites comme un enjeu important lors du prochain scrutin, contre 23 % au mois de mai, Gilles Duceppe ne changera pas de plan pour autant. «C'est sûr qu'on va en parler pendant la campagne électorale. En plus, le sujet sera ramené sur le tapis par les rapports du juge Gomery.»

Guerre de procédures

Cet automne, le Bloc québécois prévoit aborder différents sujets, notamment le bois d'oeuvre, le déséquilibre fiscal, l'assurance emploi, le respect du protocole de Kyoto et «le nécessaire équilibre entre la liberté et la sécurité depuis les attentats de Londres», explique le chef du Bloc.

Va-t-on revoir une guerre de procédures comme celle du printemps dernier, qui avait considérablement ralenti les travaux de la Chambre des communes? «Ça va dépendre des libéraux. S'ils nous enlèvent encore une fois nos journées d'opposition, comme ils l'ont fait ce printemps, il ne faut pas s'attendre à une collaboration de notre part», souligne Gilles Duceppe.

Le chef du Bloc soutient qu'il n'a pas voulu défaire le gouvernement «à tout prix» il y a quelques mois. «Sinon, nous aurions réussi, dit-il. Il y a plusieurs votes où nous aurions pu les défaire, mais où nous avons finalement voté avec eux [les libéraux]. Comme, par exemple, sur les mariages gais. Ça n'aurait peut-être pas défait le gouvernement, mais la claque aurait été sérieuse. [...] Mais on suit toujours la même ligne de pensée: on appuie ce qui est bon pour le Québec et on vote en fonction de ça, rien d'autre.»

Pour le reste, il faudra attendre de voir ce que le gouvernement offre comme menu législatif pour juger des intentions du Bloc, a souligné M. Duceppe. «On va voir, mais je ne suis pas sûr qu'ils [les libéraux] savent eux-mêmes où ils s'en vont.»