La bière comme le vin resteront monopole d'État en Ontario

Source: J.P. Moczulski Reuters
Le ministre ontarien des Finances n’a pas l’intention de céder au secteur privé la vente de vin, bières et spiritueux.
Photo: Source: J.P. Moczulski Reuters Le ministre ontarien des Finances n’a pas l’intention de céder au secteur privé la vente de vin, bières et spiritueux.

Toronto — Le gouvernement ontarien devrait se retirer du commerce des spiritueux, vendre sa Régie des alcools et autoriser les épiceries et les grandes surfaces à faire commerce d'alcool, recommande un rapport rendu public hier.

La province récolterait quand même plus de 1,5 milliard de dollars par an en taxes sur l'alcool et en frais de permis, mais tirerait aussi 200 millions de dollars de plus de la vente de permis d'alcool, selon les auteurs de la révision du système provincial de vente au détail d'alcool en Ontario.

Les consommateurs bénéficieraient alors d'une meilleure sélection et de prix plus avantageux si l'alcool était plus facilement disponible et si les détaillants devaient affronter la concurrence, mentionne le rapport.

Mais le ministre des Finances, Greg Sorbara, qui avait commandé le rapport en janvier, a aussitôt rejeté ces recommandations. «Nous ne vendons pas la LCBO», a-t-il dit en parlant de la Liquor Control Board of Ontario (Régie des alcools de l'Ontario).

Le gouvernement ontarien ne permettra pas la vente de bière et de vin dans les dépanneurs, et ne laissera pas non plus transformer la Régie en un fonds d'investissement qui verserait des dividendes aux investisseurs sur la base des ventes effectuées. Selon le ministre, l'intérêt public des Ontariens est mieux servi par le maintien de la propriété publique de la Régie des alcools.

Un comité consultatif de quatre personnes avait été chargé d'aider le gouvernement à trouver des façons de tirer plus d'argent de la vente de spiritueux sans compromettre sa responsabilité sociale. Le comité rappelle que l'Ontario a d'abord assumé la responsabilité des ventes d'alcool dans les années 1920 afin d'en limiter l'accès et la consommation abusive.

Même si cet objectif demeure valide aujourd'hui, le rapport estime qu'il n'est plus nécessaire que le gouvernement soit propriétaire et exploite les grossistes et détaillants pour y arriver. La province peut vendre la Régie et permettre aux épiceries de vendre de l'alcool tout en maintenant certaines mesures de contrôle pour s'assurer que les prix ne baissent pas en deçà d'un certain seuil, et en limitant le nombre de commerces autorisés.

Le gouvernement ontarien exploite actuellement près de 600 succursales de la Régie à travers la province.

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