Martin s'engage envers les villes

Saint-Jean — Paul Martin promet de transformer radicalement les relations entre le gouvernement fédéral et les municipalités. Désormais, les villes auront voix au chapitre dans les grandes décisions fédérales, a-t-il déclaré à la Fédération canadienne des municipalités, hier.

Depuis trop longtemps les villes sont sous-financées; depuis trop longtemps elles ont peu d'influence sur la formulation de l'ordre du jour national, a affirmé M. Martin devant plus d'un millier de délégués à l'assemblée annuelle de la fédération. L'économie mondiale change et le Canada lui-même fait face à une «évolution démographique», à mesure que les «baby-boomers» vieillissent.

«Afin de faire face à ces changements, nous devons faire ce que les gouvernements ont trop souvent été incapables ou n'ont pas voulu faire. Nous devons planifier pour l'avenir, et trouver de meilleures façons de travailler ensemble», a-t-il dit.

Les conservateurs ont déjà affirmé qu'accorder un rôle accru aux villes pourrait rouvrir le débat constitutionnel. Mais M. Martin ne voit aucun problème. «Il n'est pas question d'empiéter sur les champs de compétence des provinces, a-t-il dit aux journalistes. Nous reconnaissons le rôle et la responsabilité des provinces et nous les respectons.»

Samedi, le leader conservateur Stephen Harper avait déclaré qu'il travaillerait en étroite collaboration avec les gouvernements locaux et les provinces, mais ne leur avait pas promis un rôle accru dans les décisions fédérales.

Néanmoins Anne MacLean, qui préside la fédération, souligne que les trois grands partis nationaux ont tous reconnu la nécessité d'inclure les gouvernements municipaux dans les décisions relatives aux dossiers les plus importants.

M. Martin s'est également justifié d'avoir comprimé les dépenses, du temps où il était ministre fédéral des Finances — selon plusieurs élus municipaux, le budget fédéral avait alors été redressé sur le dos des gouvernements locaux.

Il fallait éliminer le déficit, mais aujourd'hui, c'est une ère nouvelle, a dit M. Martin. L'ex-ministre des Finances naguère si frugal a promis aux municipalités cinq milliards de dollars en revenus provenant de la taxe fédérale sur l'essence au cours des cinq prochaines années. La semaine dernière, les libéraux ont aussi promis 800 millions de fonds pour le transport, et mis de côté 1,6 milliard pour le logement.

Mais toutes ces nouvelles dépenses sont rattachées au budget, qui a fait l'objet de deux votes de confiance, lesquels ont menacé de faire tomber le gouvernement minoritaire, lors de leur première lecture, en mai dernier.

Les projets de loi budgétaires sont maintenant étudiés par un comité dominé par les conservateurs, où ils rencontreront assurément des objections avant de revenir en Chambre en dernière lecture.