Une seule collaboration à L'Oie blanche - Gagliano perd sa chronique

Aussitôt arrivé, déjà parti. La carrière de chroniqueur politique de l'ancien ministre fédéral des Travaux publics Alfonso Gagliano vient de prendre abruptement fin après une seule collaboration à l'hebdomadaire de Montmagny L'Oie blanche. La pression du public et des gens d'affaires de la région a incité la direction de ce journal à prendre ses distances de l'ex-politicien éclaboussé par l'enquête sur le scandale des commandites.

«La population de Montmagny n'était pas prête à ça, a commenté hier Yannick Patelli, directeur de cet hebdomadaire régional. Il n'y aura pas d'autres papiers signés par M. Gagliano qui, par ailleurs, a lui-même suggéré de mettre un terme à cette collaboration.» Selon M. Patelli, il ne s'agit toutefois pas d'un licenciement, le politicien ayant été pressenti par L'Oie blanche pour une collaboration unique avec la possibilité d'une présence plus régulière à partir de l'automne prochain. «Nous avions évoqué cela, dit-il. Mais rien n'avait été décidé.»

La présence de l'ex-ambassadeur du Canada au Danemark dans les pages de l'hebdomadaire régional, propriété des commerçants de la région, n'a donc pas fait l'unanimité. Cette «collaboration [...] a causé un tollé de protestation chez les lecteurs qui ont fait part de leurs commentaires dans les boîtes de courriels et les lignes téléphoniques du journal, surtout en début de semaine [dernière]», pouvait-on lire dans la dernière livraison de L'Oie blanche. Une semaine plus tôt, le 28 mai, M. Gagliano a signé sa première — et dernière — chronique sur la politique fédérale et les politiciens fédéraux intitulée «Le sort de Paul Martin dans les mains de l'Ontario.»

Coup de marketing pour les uns, erreur de jugement pour les autres, preuve supplémentaire du «culot habituel» de l'hebdomadaire selon M. Patelli, la reconversion au journalisme d'Alfonso Gagliano a été décriée par 64 % des membres de la Chambre de commerce de Montmagny, selon un sondage téléphonique réalisé la semaine dernière. À peine 3 % des personnes interrogées se sont prononcées en faveur de M. Gagliano. «C'est davantage la réaction populaire qui nous a incités à ne pas aller plus loin, souligne toutefois le directeur. Pourtant, les annonceurs, eux, ont très bien réagi. Mais dans un milieu petit comme Montmagny, nous avons opté pour la meilleure solution.»

Le politicien déchu a été remplacé samedi dernier, dans l'espace qu'il occupait, par Gilles Rhéaume, ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et du Mouvement national des Québécois.