Ottawa investira 800 millions de plus dans les transports en commun

Le gouvernement fédéral a fait plaisir aux sociétés de transport en commun à travers tout le pays en annonçant hier des investissements supplémentaires de 800 millions de dollars, dont 188 millions pour le Québec, destinés aux transports collectifs. L'octroi de ces sommes est toutefois conditionnel à l'adoption, par la Chambre des communes, de l'entente de 4,6 milliards de dollars conclue entre les libéraux de Paul Martin et le NPD.

Le ministre d'État aux infrastructures, John Godfrey, a profité de la tenue du congrès annuel de l'Association canadienne du transport urbain (ACTU), hier à Gatineau, pour annoncer la nouvelle. La somme de 800 millions, répartie sur deux ans, sera partagée entre les provinces et les territoires selon un calcul basé sur leurs populations respectives. Le Québec récoltera donc 188 millions alors que l'Ontario aura droit à 310 millions. La distribution sera ensuite faite aux municipalités et aux sociétés de transport au prorata des usagers des transports collectifs. Précisons que ces sommes s'ajouteront aux cinq milliards de dollars en cinq ans, annoncés en février, provenant de la taxe fédérale sur l'essence que le fédéral destine aux infrastructures municipales.

L'aide fédérale dévoilée hier constitue la première annonce liée à l'entente survenue entre les libéraux de Paul Martin et le NPD. Mais pour se concrétiser, il faudra que le Parlement adopte ce projet de loi, baptisé C-48, qui, faut-il le rappeler, a fait l'objet d'un vote serré le 19 mai dernier à Ottawa. Rien n'est donc acquis. L'ampleur des sommes consenties dépendra également de l'excédent budgétaire disponible lors de l'année financière en cours et celle de 2006-07.

Si le ministre Godfrey n'a pas voulu attendre plus longtemps avant de faire cette annonce, c'est qu'il croit que cela influencera les négociations que mène le fédéral avec plusieurs provinces sur le transfert d'une partie des revenus de la taxe sur l'essence. «Ce sont deux projets différents, mais ça pourrait influencer notre façon de négocier avec les provinces», a-t-il expliqué au Devoir hier en précisant que le partage des revenus de la taxe fédérale suscite déjà des débats dans certaines provinces où les grandes villes et les plus petites municipalités ne s'entendent pas sur la répartition de ces fonds. C'est d'ailleurs cette divergence d'opinions qui contribue à faire traîner en longueur les négociations menées à ce sujet entre les municipalités québécoises et la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau.

Satisfaction

Comme il fallait s'y attendre, les représentants des associations regroupant les sociétés de transport se sont réjouis de cette bonne nouvelle, qu'il s'agisse de l'ACTU ou de l'Association du transport urbain du Québec (ATUQ). Pour sa part, la Ville de Montréal estime qu'elle pourra bénéficier d'une aide d'environ 100 millions de dollars, une somme non négligeable au dire du président de la Société de transport de Montréal (STM), Claude Dauphin, qui ne cesse depuis des années de réclamer de Québec et d'Ottawa qu'ils soient plus généreux à l'égard des transports en commun. «On commence à avoir de bonnes nouvelles», a indiqué hier M. Dauphin, citant plusieurs projets susceptibles d'être financés par ces nouveaux millions, qu'il s'agisse du remplacement des wagons de métro vieillissants ou du programme Réno-systèmes, qui consiste à rénover le réseau de télécommunication interne, les systèmes de ventilation ainsi que les escaliers mobiles du métro. «Cet argent pourrait aussi être utilisé pour l'implantation d'un système léger sur rail sur l'avenue du Parc. C'est un exemple de nouveau développement qui pourrait être mis en avant, a-t-il ajouté. Ce ne sont pas les projets qui manquent. J'ai fait environ 40 conférences de presse pour demander de l'argent. Alors, je suis sûr que nous saurons quoi faire avec cet argent.»