Ottawa et les autochtones concluent de nouvelles ententes

Le premier ministre Paul Martin arrive à la rencontre avec les leaders autochtones.
Photo: Agence Reuters Le premier ministre Paul Martin arrive à la rencontre avec les leaders autochtones.

Ottawa — Des leaders autochtones ont conclu hier avec Ottawa des ententes qui leur assurent un rôle direct dans l'élaboration des politiques relatives aux autochtones.

Il s'agit d'une étape importante dans l'édification d'une relation plus solide et positive entre le gouvernement canadien et les Canadiens autochtones, a déclaré le premier ministre Paul Martin dans un communiqué que la Presse canadienne a obtenu.

Les ententes conclues avec l'Assemblée des Premières Nations, Inuit Tapiriit Kanatami, le Ralliement national des Métis, l'Association des femmes autochtones du Canada et le Congrès des peuples autochtones sont le résultat d'une promesse faite par M. Martin l'an dernier.

Plus jamais nous n'allons, à Ottawa, développer des politiques d'abord et en discuter avec vous ensuite, avait-il affirmé en avril 2004, alors qu'il entreprenait une série de pourparlers avec les leaders autochtones. «Le principe de la collaboration sera la pierre angulaire de notre nouveau partenariat.»

Ce n'est qu'avec le temps qu'on saura si ces pactes permettront de relever le niveau de vie des autochtones, que les libéraux ont qualifié de «honteux». Néanmoins, le ministre des Affaires indiennes, Andy Scott, a qualifié ces ententes d'historiques.

L'Assemblée des Premières Nations, Inuit Tapiriit Kanatami et le Ralliement national des Métis ont signé des ententes distinctes visant à définir les droits autochtones reconnus par la Constitution. Mais la rencontre d'hier ne donnera pas lieu à des annonces de nouvelles dépenses pour le logement, la santé ou l'éducation autochtones. Des pourparlers sur la façon d'améliorer les conditions de vie dans les réserves et à l'extérieur se poursuivront jusqu'à une rencontre des premiers ministres, l'automne prochain.

Toutes les dépenses majeures devront vraisemblablement attendre cette rencontre. Certains, sceptiques, craignent que les accords paraphés hier signifient seulement d'autres palabres, alors que les autochtones réclament depuis des décennies un traitement équitable et que la vie dans les réserves s'est encore détériorée.

«Ça discute beaucoup autour de la table, mais c'est comme ça depuis 25 ans», a commenté Gabe Mentuck, 76 ans, de Winnipeg.

À l'extérieur des lieux où se tenait la rencontre, des manifestants de l'Association nationale des centres d'amitié ont hué le premier ministre à son arrivée. Ce réseau de 117 centres, qui s'occupe autant de toxicomanie et d'alcoolisme que de fournir des conseils en matière de recherche d'emploi, n'avait pas été invité à la rencontre avec le cabinet.