Courtisé par les conservateurs, Mario Dumont restera à Québec

Québec — Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, ne fera jamais le saut en politique fédérale même si des rumeurs le désignent comme le prochain lieutenant québécois du chef du Parti conservateur, Stephen Harper.

À l'instar de son ancien mentor politique Robert Bourassa, Mario Dumont se voit comme un politicien québécois qui est destiné à l'Assemblée nationale. «Je suis un élu au Québec, je vais y rester», a-t-il affirmé alors qu'il était interrogé sur les rumeurs qui l'envoyaient dans l'arène fédérale aux prochaines élections. «Je n'ai jamais songé à m'en aller au fédéral, dans le passé et dans le présent, puis ce ne sera pas plus le cas dans l'avenir.»

«Je ne suis pas le premier dans cette situation-là, a dit M. Dumont, faisant sans doute allusion à M. Bourassa. Il y a des politiciens qui connaissent le Québec, qui comprennent le Québec, qui veulent s'investir au Québec dans l'identité québécoise. Et je n'ai pas d'attirance vers la politique canadienne comme élu potentiel. Comme électeur, puis comme citoyen, puis comme représentant du Québec qui veut faire des arrangements éventuels avec les autres, je m'y intéresse, mais pas pour aller y siéger.»

M. Dumont a révélé au Devoir qu'il avait informé Stephen Harper il y a longtemps que jamais il ne ferait le saut au fédéral. Comme il n'est pas impossible qu'un gouvernement conservateur se fasse élire à Ottawa, M. Dumont se dit sensible aux préoccupations portant sur la présence du Québec au sein d'un tel gouvernement. Il ne cache pas qu'il vote conservateur aux élections fédérales.

Mario Dumont s'intéresse aux possibles candidats conservateurs qui pourraient remporter la victoire. Pour le comté de Beauce, un bastion fédéraliste, il a cité le nom de Maxime Bernier, le fils de l'ancien député conservateur Gilles Bernier. Devenu indépendant en 1997, Gilles Bernier avait été nommé ambassadeur par Jean Chrétien après qu'il eut cédé sa place au libéral Claude Drouin.