Politique étrangère - Le Canada ne servira aucun maître

Déterminé à détourner l'attention du scandale des commandites, le premier ministre Paul Martin n'a pas attendu le dévoilement, aujourd'hui, de son énoncé de politique internationale pour le promouvoir. Il a commencé dès hier matin en soulignant l'importance des relations canado-américaines, de la réforme du multilatéralisme et du lien entre développement et sécurité.

Ottawa — Le Canada ne sera à la solde de personne en matière de politique étrangère, mais il ne s'engagera pas non plus à atteindre dans un délai précis l'objectif des Nations unies en matière de financement de l'aide au développement, a fait savoir hier le premier ministre Paul Martin devant un parterre de diplomates, d'universitaires et de représentants d'organismes non gouvernementaux.

«Il ne doit y avoir aucun doute. Nous ne serons les servants d'aucun pays», a-t-il dit à son auditoire réuni pour un échange sur la politique internationale au cours duquel il s'est révélé généreux de son temps mais avare de détails.

L'événement tenu au Musée des civilisations visait à mettre la table pour la présentation que feront aujourd'hui les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, du Commerce international et de la Coopération internationale.

À l'aise, parlant sans note ni tableau, M. Martin a brossé un portrait incomplet de l'énoncé de politique, répétant à quelques reprises qu'il ne pouvait en dire plus sans damer le pion à ses ministres. Pourquoi ne pas avoir attendu pour tenir l'événement? Les rumeurs toujours plus intenses d'élections précipitées y sont certainement pour quelque chose. Le gouvernement Martin a décidé de prouver, depuis la semaine dernière, qu'il ne se laissait pas distraire, mais qu'il continuait à gouverner. D'où la multiplication d'annonces, ont fait remarqué la députée conservatrice Diane Ablonczy et le chef néo-démocrate Jack Layton.

La semaine dernière, c'était le plan de lutte contre les changements climatiques et la signature de la première entente sur le transfert d'une portion de la taxe fédérale sur l'essence. Cette semaine, ce sont les nouvelles dispositions en matière d'immigration dévoilées hier et l'énoncé de politique internationale attendu ce matin après des mois de retard.

M. Martin a dit être d'accord avec l'objectif des Nations unies exigeant que les pays riches consacrent l'équivalent de 0,7 % de leur PIB à l'aide internationale, mais qu'il n'est pas du tout prêt à ce que le Canada s'engage à atteindre cette cible dans un délai précis.

«Je crois que le Canada doit prendre tous les moyens pour atteindre cet objectif, mais je ne suis pas prêt à prendre un engagement dans un quelconque secteur si je ne crois pas que nous l'atteindrons sans faillir», a-t-il dit. Dans le dernier budget, son gouvernement s'est engagé à augmenter le budget de l'aide internationale de 8 % par année, une promesse que Jean Chrétien avait faite avant lui.

La nouvelle politique internationale que M. Martin promet depuis plus d'un an doit réunir en une vision cohérente les politiques étrangère, commerciale, de défense et de coopération internationale. Le gouvernement Martin n'a jamais caché la priorité qu'il accordait aux relations canado-américaines. M. Martin n'a pas dévié de cette position hier, ne parlant d'ailleurs d'aucune autre relation bilatérale.

L'émergence de nouvelles puissances économiques comme la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Europe, persuade par ailleurs M. Martin de la nécessité de réformer rapidement les institutions multilatérales. C'est aussi dans ce contexte qu'il milite pour la création d'un G20 où pays riches et émergents apprendraient à travailler ensemble, a-t-il dit.

Pour sa part, il voit la montée de pays comme la Chine ou l'Inde, non pas comme une menace pour le Canada, mais un possible «âge d'or» attribuable à la demande accrue pour nos ressources naturelles et les produits à valeur ajoutée qui pourraient être créés.

Il fait un lien direct entre développement et sécurité, notant que le développement ne peut se faire sans institutions stables qui elles-mêmes ne peuvent subsister dans un contexte d'insécurité. M. Martin a souligné l'importance, dans ce contexte, des cas d'Haïti, du Darfour et du Moyen-Orient. C'est dans ce cadre qu'il a insisté sur la nécessité pour le Canada d'être son propre maître. Il n'a toutefois annoncé aucune nouvelle initiative précise dans ces régions, répétant que le Canada ferait preuve de leadership

Il a précisé par contre que le Canada «enverra des troupes outre-mer parce que la sécurité est un élément essentiel de [sa] capacité de jouer un rôle, que ce soit en matière d'aide étrangère ou de défense de l'Amérique du Nord». Ceci l'a amené à souligner l'importance de la défense qui jouira à l'avenir d'un commandement unifié.

De grands pans de la nouvelle politique ont filtré. Le dernier budget confirmait la hausse des fonds pour la sécurité, l'aide au développement, l'achat d'équipement militaire, le recrutement de soldats et le déploiement d'un plus grand nombre de diplomates à l'étranger. Le gouvernement compte aussi concentrer son aide internationale dans une trentaine de pays plutôt que de la saupoudrer dans 150 pays.
2 commentaires
  • Gabriel RACLE - Inscrit 19 avril 2005 09 h 36

    Rêve, réalité et responsabilités en politique

    Dans quel contexte réel se place le dévoilement par Paul Martin de la politique internationale du Canada? Il y a lieu de se le demander. En effet, ce qui se joue actuellement à la Chambre des communes relève de la politique politicienne la plus basse. Renverser le gouvernement ou bloquer toute motion visant à le renverser, oui, mais pour nous proposer quoi? Quelle vision, quel idéal pour le Canada peut-on en tirer? Les débats, entrecoupés de déclarations à saveur politicienne, ouvrent-ils des horizons pour dynamiser le Canada? Il n'en est rien, semble-t-il, et tous ces événements ou ces manifestations révèlent de perspectives et de calculs électoralistes, bien plus que d'une préoccupation sur l'avenir de notre pays et de ses citoyens.

    Quelques principes de base

    Il faudrait peut-être rappeler quelques faits ou quelques principes de base. Notre gent politique n'a sans doute pas pris connaissance de la République (au sens de la chose publique) de Platon. On y trouve cependant quelques éléments intéressants et d'actualité. Dans « Pouvoir et Justice » (République, Livre I) : le politique ne doit pas gouverner selon son intérêt mais selon la justice, on peut lire cette réponse de Socrate à une question d'un certain Thrasymaque, qui pense que l'on commande toujours à son profit: «L'art du berger a pour essence le bien des moutons; c'est par accident que s'y ajoute l'art d'en tirer profit; l'art du berger n'est pas transformé par le fait qu'il en tire profit ou pas. De même, l'art politique est par essence service pour les gouvernés, et par accident profit pour les gouvernants.» Et Platon de montrer que l'on a toujours intérêt à la justice et que le pouvoir ne peut s'exercer sans justice. Celui qui exerce le pouvoir ne le fait pas en vue de son intérêt, car il ne peut l'exercer de façon stable que s'il respecte la justice, et même s'il l'instaure.

    Il s'agit certes d'un idéal. Mais, «Faire de la politique, c'est justement défendre un idéal en l'adaptant à la réalité du monde.. L'idéal doit évidemment être actualisé, adapté aux réalités du temps mais il n'en reste pas moins essentiel et premier dans la détermination de la politique » (Raphaël Dargent, « La politique, un réalisme de l'imaginaire », Les Cahiers no 14) «La politique, disait Charles de Gaulle, quand elle est un art et un service, non point une exploitation, c'est une action pour un idéal à travers des réalités » (Conférence de presse, 30 juin 1955).

    Il est justement un livre qui devrait intéresser tous nos dirigeants politiques. C'est Désir d'humanité, Le droit de rêver de Riccardo Petrella. Il ne saurait être question ici de résumer tout ce livre très dense. Mais R. Petrella résume ainsi un aspect de son exposé; « Le rêve aujourd'hui joue un rôle extrêmement important sur le plan du comportement politique individuel et collectif. Le rêve exprime une capacité d'imaginer un autre monde. et on l'imagine parce qu'on peut le faire. En fait il y a toujours trois éléments dans le rêve: il y a l'imaginaire, quand par exemple on imagine que tout le monde a le droit à la vie, à la paix, etc. Puis il y a le désir qui en découle, comme le désir de paix. Enfin, il y a la possibilité effective de se procurer cette paix ou ce droit à la vie. Le rêve est une force politique extraordinaire. Les gens pensent que c'est de plus en plus possible. Et cela donne force au rêve de paix, au rêve de droit, au rêve de la vie pour tous, au rêve de démocratie, etc. » (À bâbord ! octobre-novembre 2004, Débats politiques) Autrement dit, le rêve suscite le désir qui se transforme en force en vue de sa réalisation.
    Un rêve pour le Canada?

    Quel rêve nos dirigeants politiques nous proposent-ils pour le Canada? Vers quels horizons nous entraînent-ils, dans un mouvement dynamique, qui concilie précisément le rêve et la réalité?

    On ne voit, hélas, pas grand chose à l'horizon et il ne faut guère s'étonner du faible tôt de la participation électorale aux élections générales. La participation à l'élection générale fédérale de 2004 est la plus faible de l'histoire du Canada, mais elle est en constant déclin depuis plusieurs élections. Et pourtant, les gouvernements en place avaient la possibilité de nous proposer une vision canadienne nouvelle et stimulante, sur divers plans. Mais il semble malheureusement que les prochaines élections se joueront sur le passé plus que sur l'avenir. Pour déplorable qu'il soit, le scandale des commandites ne constitue pas, par lui-même, un projet électoral, il ne propose pas aux citoyens un rêve réalisable pour leur pays. Et vu le manque d'imaginaire politique d'une bonne partie de la classe politique, plus intéressée par des perspectives électoralistes à courte vue, toute tentative de proposer une vision pour le Canada risque d'être interprétée comme une tentative de détourner l'attention des commandites et de leurs retombées. C'est fort dommage que l'on en arrive à un tel cercle vicieux ou vicié, car il y a de grands objectifs à offrir aux citoyens de ce pays. « Il est important de considérer le rôle du politique comme un dépositaire du devenir d'un peuple. Lourde responsabilité. » (Irma Ly Tang, Réflexions sur le rôle de la politique)

    Gabriel Racle

  • Gabriel RACLE - Inscrit 19 avril 2005 09 h 43

    Avons-nous un vrai leader politique?

    notre classe politique a matière à nous faire rêver avec réalisme en nous proposant diverses composantes d'un idéal canadien. Voici quelques composantes d'un rêve canadien réaliste.

    Sur le plan intérieur, un véritable renouveau démocratique.
    Il faudrait que la gent politique propose enfin un grand projet, une vision, qui place le Canada au XXIe siècle et en fasse une grande démocratie moderne. Autrement dit, il faut que les Canadiennes et les Canadiens prennent en main le destin du pays par le jeu de ses institutions politiques majeures, comme cela se fait dans les grands pays démocratiques modernes.

    Ce projet comporterait donc trois volets inséparables, ce qui lui donne le poids psychologique nécessaire pour avoir un effet et transcender les oppositions qu'un tel changement ne peut que susciter. Mais c'est précisément la nature globale du changement qui peut entraîner l'adhésion et susciter l'enthousiasme: un Canada entre les mains des Canadiens et des Canadiennes.

    Premier volet: un chef d'État canadien élu au suffrage universel direct par les citoyens du pays pour un mandat déterminé (5 ans, par exemple) et doté de pouvoirs à définir.
    Deuxième vole : une chambre des députés dont les membres sont élus par un mode scrutin équitable: proportionnel mixte (par exemple, comme celui adopté récemment en Nouvelle-Zélande ou au Royaume-Uni pour les parlements de l'Écosse et du pays de Galles) ou autre, comme l'a suggéré la Commission canadienne du droit dans son récent rapport, Un vote qui compte : la réforme électorale au Canada, permettant une meilleure représentation de la volonté de la population. Le mandat des députés serait fixe (4 ans?) et ne dépendrait plus des calculs politiques d'un Premier ministre, mais de la volonté exprimée par les électeurs et les électrices. Ce point est important.

    Troisième volet: un Sénat élu, représentant les provinces et les territoires. Chaque province ou territoire pourrait éventuellement établir le mode d'élection de ses sénateurs, mais ceux-ci seraient toujours élus par des représentants de la population (ou par la population elle-même). Leur mandat serait fixe (5 ans?), avec un renouvellement par moitié (par exemple).

    L'intérêt de ce projet, c'est sa globalité, et c'est en tant que tel qu'il faudrait le présenter à la population. Il comporte certes des problèmes constitutionnels, à différents niveaux, mais il est possible de les résoudre, si la population montre qu'elle veut prendre en main le destin politique du Canada. C'est pourquoi, il faut éviter un découpage en morceaux, qui n'a pas d'effet psychologique majeur pour susciter l'intérêt et la participation des citoyens et surmonter d'inévitables oppositions plus ou moins localisées ou diffuses. Il faudrait que la classe politique fédérale ose aller de l'avant et propose une telle vision pour faire du Canada la grande démocratie moderne qu'il mérite d'être et fasse que les Canadiens et les Canadiennes puissent en assumer réellement le devenir. On passe ainsi du rêve à la réalité.

    Et dans le même ordre d'idée, pourquoi ne pas revaloriser le rôle des provinces, non seulement par l'élection directe de leurs sénateurs, mais également dans le domaine international. Dans la République fédérale de Suisse ou Confédération suisse, qui est formée de cantons dirigés par un parlement (Grand Conseil) et un gouvernement (Conseil d'État), ceux-ci sont considérés comme des collectivités souveraines. Ils peuvent conclure des traités avec l'étranger dans les domaines relevant de leur compétence. Ils sont associés à la préparation des décisions de politique extérieure affectant leurs compétences ou leurs intérêts essentiels. On peut entrevoir l'intérêt d'une formule de ce genre pour le Canada.

    On peut entrevoir un vaste plan social idéal pour le Canada, visant à réduire ou même à éliminer la pauvreté. On connaît le grand texte sur «Le Canada et le développement durable» de 2003, mais il n'en ressort pas une vision claire, simple et concrète proposée aux citoyens, un Canada rêvé qui entraîne la collaboration de tous et enthousiasme la jeunesse. Les jeunes se désintéressent de la politique et de la participation électorale, comme l'a noté la Commission du droit du Canada dans le rapport mentionné plus haut, mais quelle vision stimulante leur est-il proposée? Les chicanes électoralistes ne sont pas un programme d'avenir.

    Eu irait-il de même sur le plan international? Certes, il existe «Une vision pour le Canada dans le monde», qui date de 2004, mais qu'en est-il réellement? «Vision et illusions» peut-on lire dans la Revue militaire canadienne de mars 2005, sous la plume de Martin Shadwick. «. les sondages [montrent que] les citoyens veulent que leur pays joue un rôle important dans le monde et [leur] nette réticence à en payer le prix. Ou les Canadiens veulent jouer ce rôle ou ils ne le veulent pas.» Mais il faudrait sans doute leur proposer une vision claire et concrète de la politique internationale du Canada. Que va-t-il sortir de la révision de la politique étrangère du Canada confiée par Paul Martin en janvier dernier à Jennifer Welsh, originaire de la Saskatchewan, qui vit au Royaume-Uni depuis cinq ans et enseigne les relations internationales à la célèbre université britannique d'Oxford, pour introduire dans cette politique une nouvelle vision d'ensemble?

    «Il ne doit y avoir aucun doute. Nous ne serons les servants d'aucun pays», a déclaré P. Martin. De belles paroles, mais d'ores et déjà, le gouvernement a laissé passer des occasions de dynamiser cette politique et de susciter l'intérêt des citoyens.
    À la suite des événements catastrophiques qui sont survenus en Asie avec un tsunami dévastateur, il est apparu qu'il n'existait pas de structure mondiale pour faire face à de tels événements, qui demandent pourtant un effort international concerté. Paul Martin, qui cherche à replacer le Canada sur la scène internationale, pouvait saisir l'occasion de placer le Canada dans la tradition de Lester Pearson. En 1956, Lester Pearson, secrétaire d'État aux Affaires extérieures, a proposé que l'ONU envoie une force internationale au Moyen-Orient et que celle-ci se place entre les parties belligérantes pour mettre fin aux hostilités. Les casques bleus étaient nés.

    Une force semblable d'intervention humanitaire dans les catastrophes naturelles devrait voir le jour, pour intervenir rapidement et efficacement dans les zones touchées par de tels événements. L'ONU aurait la responsabilité de cette force d'intervention humanitaire, des casques rouges qui interviendraient là où leur action serait jugée nécessaire. Pour faire face aux catastrophes, tous les États membres devraient disposer d'une force d'intervention humanitaire, prête à intervenir sur demande du Secrétaire général de l'ONU. Car il faut aller vite, les premières heures sont cruciales pour sauver des vies. Le Canada pouvait, devait jouer un rôle de premier plan pour promouvoir la réalisation d'une telle force d'intervention humanitaire sous l'égide de l'ONU. La France a mis cette idée de l'avant, le Canada est resté muet.

    Une autre occasion s'offrait avec le refus du Canada de participer au bouclier antimissile américain. De façon positive, le gouvernement pouvait faire valoir que le meilleur bouclier antimissile n'est pas militaire, mais qu'il est d'ordre politique et relationnel. Lorsque des pays ont besoin les uns des autres pour leur développement et leur sécurité, ils n'ont pas tendance à s'envoyer des missiles. Le Canada aurait dû faire valoir auprès des É.-U. qu'il entend bien oeuvrer très efficacement dans le sens d'une protection contre d'éventuels missiles, mais dans le sens d'un bouclier antimissile politique, à base de diplomatie, d'échanges commerciaux, culturels, sociaux.

    C'est un domaine dans lequel le Canada peut s'illustrer, avec une aura de pacifisme d'autant plus brillante qu'il a pris ses distances vis-à-vis du bouclier des États-Unis. Et c'est une arme de construction massive et dissuasive beaucoup plus efficace et moins coûteuse que la coûteuse et douteuse militarisation spatiale, pour laquelle le Canada n'aurait rien eu à dire. Et les retombées peuvent en être des plus positives pour notre pays.

    Mais il faudrait proclamer haut et fort cette politique et lui donner une dimension concrète. Autrement dit, réaliser le rêve d'un Canada jouant un rôle de premier plan dans le domaine international en oeuvrant pour la paix.

    Un vrai leader politique
    En mars 1950, dans une conférence de presse, le général de Gaulle exprimait la célèbre formule: «L'Europe, de l'Atlantique à l'Oural». C'était «un pari sur l'avenir, aléatoire mais réfléchi. » (Étienne Burin des Roziers, ancien Secrétaire général de l'Elysée). Cette vision, ce rêve qui pouvait paraître insensé à cette époque est en train de se réaliser. Est-ce que nous manquerions de leader politique capable de nous offrir la vision d'un Canada moderne, dynamique, pleinement, démocratique et riche de perspectives pour ses citoyens et pour sa jeunesse en particulier. Un grand principe pédagogique consiste à ne jamais sous-estimer les personnes auxquelles on s'adresse. Ce principe vaut aussi en pédagogie politique. Il ne faut pas sous-estimer la maturité de la société canadienne et sa capacité de se rénover et de se moderniser, si on lui offre une véritable possibilité. Mais qui sortira des ornières de la politique politicienne dans laquelle s'embourbe notre classe politique, pour nous offrir cette possibilité novatrice?
    Gabriel Racle