Gomery a toute la confiance de Duceppe

Les politiciens exerceraient des pressions indues s'ils réclamaient la suspension de la commission sur le scandale des commandites pendant une campagne électorale, a déclaré hier Gilles Duceppe, le chef du Bloc québécois.

«Le politique n'a pas à dire quoi faire au judiciaire, on n'a pas à dicter nos vues au juge Gomery, a-t-il dit. Moi, j'ai pleine confiance en lui, et il a certainement un meilleur jugement que les politiciens sur les travaux de la commission.»

Samedi, le lieutenant québécois du Parti libéral du Canada (PLC), Jean Lapierre, a évoqué la possibilité de suspendre la commission présidée par le juge John Gomery si des élections avaient lieu en juin. Selon lui, la justice serait mal servie si les travaux de la commission devenaient l'objet d'une campagne électorale.

M. Lapierre avait précisé que la décision d'interrompre les audiences reviendrait cependant au juge Gomery.

Selon M. Duceppe, en évoquant la possibilité de suspendre les travaux, M. Lapierre a tout de même exercé des pressions indues en plus de faire preuve «d'une certaine forme de mépris envers l'appareil judiciaire».

Le chef bloquiste n'a pas indiqué quelle serait la réaction de sa formation dans l'éventualité d'une suspension des travaux de la commission, affirmant toutefois lui aussi que la décision revenait à M. Gomery. Hier, M. Duceppe était de passage dans sa circonscription de Laurier pour participer au lancement d'un livre écrit par le député du Parti québécois et ancien député bloquiste Daniel Turp.

La préface de Nous, peuple du Québec: Un projet de constitution du Québec a été rédigée par le chef du Bloc québécois.

Lors d'une rencontre de presse en marge du lancement, M. Duceppe a déclaré que sa formation se préparait au déclenchement d'une élection fédérale.Il a indiqué que l'exécutif national de son parti tiendrait aujourd'hui une réunion pour modifier ses règlements afin d'accélérer le processus des investitures, qui durent habituellement 30 jours. M. Duceppe a confirmé que les 54 députés actuels du Bloc se présenteraient à nouveau dans la circonscription qu'ils détiennent. Le Québec compte 75 circonscriptions fédérales. De récents sondages placent la formation souverainiste en tête des intentions de vote au Québec, devant les libéraux et les conservateurs.

Cependant, il semble qu'une majorité d'électeurs canadiens préféreraient attendre le dépôt du rapport du juge Gomery, prévu l'automne prochain, avant le déclenchement d'élections.

Selon un sondage Ipsos-Reid publié samedi, 11 % des électeurs souhaiteraient un déclenchement de la campagne maintenant. Vendredi, une étude effectuée par Environics montrait que 18 % des répondants voulaient aller aux urnes avant le dépôt du rapport.