Les Canadiens devront aller aux urnes, selon Harper

Cambridge, Ont. — Le chef du Parti conservateur du Canada (PCC), Stephen Harper, a estimé hier que la formation d'un nouveau gouvernement sans obliger les Canadiens à retourner aux bureaux de scrutin était peu probable, et que cela ne pourrait survenir que dans des circonstances exceptionnelles.

«Cela ne serait possible que dans des circonstances extraordinaires», a déclaré M. Harper à Cambridge, dans le sud de l'Ontario.

«Pour procéder de la sorte, il faudrait que je sois capable de me convraincre que je puisse diriger une majorité et que nous ayons un mandat démocratique», a-t-il ajouté.

M. Harper a affirmé ne pas avoir vraiment songé à cette éventualité.

Si jamais le gouvernement libéral minoritaire devait tomber à la suite d'un vote de confiance, l'opposition pourrait cependant s'inspirer du précédent ayant eu lieu au pays.

Comme l'a démontré l'affaire King-Byng, en 1926, la gouverneure générale du Canada, Adrienne Clarkson, aurait la possibilité de dissoudre la Chambre des communes et de déclencher des élections. Elle pourrait aussi approcher les conservateurs afin de déterminer s'ils seraient en mesure de remporter un vote de confiance aux Communes et de diriger un nouveau gouvernement minoritaire.

Les plus récents sondages d'opinion démontrent que le Parti libéral du Canada (PLC) a perdu la faveur des Canadiens, bien qu'une majorité d'entre eux s'opposent à des élections précipitées. Le recours au scénario King-Byng permettrait d'obtenir la mise en place d'un nouveau gouvernement sans que soit nécessaire une campagne électorale.

M. Harper a exclu de provoquer la chute des libéraux au cours des semaines à venir.

Le chef conservateur a en outre affirmé qu'il ne serait pas contraint de provoquer la tenue d'élections hâtives, qu'il ne pourrait d'ailleurs remporter de façon assez décisive pour former un gouvernement majoritaire, selon les sondages.

La Chambre des communes doit cesser momentanément ses activités à la fin de la semaine prochaine, ce qui donnera à tous l'occasion d'évaluer l'humeur des Canadiens, a enfin indiqué M. Harper.

Cela donnera également à la population de digérer les révélations de la commission Gomery sur le scandale du programme fédéral de commandite, dont les travaux doivent se poursuivre jusqu'au 27 mai.