Commission Gomery - Un promoteur outré de s'être fait flouer

L'organisateur et promoteur des salons de plein air, de chasse et de pêche de Sherbrooke et de Trois-Rivières, Gaétan Mondou, est en furie depuis qu'il a appris, par la commission Gomery, que les droits de commandites cédés pendant cinq ans à Luc Lemay pour 70 000 $ avaient rapporté 20 fois plus à ce dernier, soit 1,6 million de dollars, par le biais du programme fédéral des commandites.

Cette information a été divulguée mercredi devant la commission et le commissaire a annoncé hier qu'il entendra prochainement M. Mondou. Celui-ci a transmis au cours des dernières heures une mise en demeure à Luc Lemay lui réclamant 2,1 millions ainsi qu'au procureur général du Canada.

Les faits sont les suivants: pendant cinq ans, de 1998 à 2002 inclusivement, Groupe Polygone de Luc Lemay a acquis les droits exclusifs de commandites pour les deux salons de M. Mondou, de Sherbrooke et de Trois-Rivières, ainsi que le droit exclusif pour ses magazines de chasse et pêche produits par sa société Expour.

Dans sa mise en demeure, M. Mondou fait valoir que la somme de 1,6 million octroyée par le fédéral était destinée à la tenue des salons en question et que, conséquemment, il a droit à cette somme.

«Le gouvernement du Canada ne peut être libéré des obligations souscrites par lui et ce au motif que son mandataire ou intermédiaire Groupaction Marketing ou toute autre agence de communication aurait pu, le cas échéant, détourner des sommes pour leur propre bénéfice.»

«Par le laxisme du gouvernement fédéral à voir au bon suivi du programme des commandites et de par l'apparence de collusion de Groupaction Marketing et Expour 2000, Gaétan Mondou et son entreprise Exposition C.P. ont fait l'objet d'insinuations sérieuses au sein de la population à l'effet qu'à titre de promoteur privé, il aurait touché une telle somme [1,6 million] pour la tenue de ses salons», peut-on lire dans le document.

M. Mondou réclame donc 2,1 millions pour atteinte à sa réputation et pour compenser les sommes qui auraient dû lui être versées.

Dans son témoignage de mercredi, M. Lemay a fait valoir qu'il avait engagé des dépenses pour la tenue des deux salons en question, en publicité, dans le journal local, à la radio et à la télévision locales et pour la fabrication de banderoles et panneaux sur lesquels on retrouvait l'inscription «Gouvernement du Canada».

Il a dû admettre peu après que les banderoles et les panneaux étaient réutilisés d'une année à l'autre.