Filière de financement parallèle au PLC - Beryl Wajsman nie les allégations de l'ancien directeur général du PLC

L'un des bénéficiaires présumés des largesses de Groupaction dans le scandale des commandites, Beryl Wajsman, soutient n'avoir jamais participé, ni de près ni de loin, à un système de financement parallèle au sein du Parti libéral du Canada.

En entrevue au Devoir, M. Wajsman a réfuté les allégations de l'ancien directeur général du Parti libéral du Canada, Daniel Dezainde, qui l'a associé à une filière de financement parallèle. M. Dezainde a dit avoir congédié M. Wajsman en 2001 parce que ce dernier ne reconnaissait pas son autorité et qu'il rendait des comptes à Joe Morselli, qui lui-même faisait la même chose avec Alfonso Gagliano.

Beryl Wajsman (et non Burryl Wiseman, comme l'a rapporté la commission Gomery) a expliqué s'être impliqué au PLC à la demande de Joe Morselli afin de créer des ponts avec les différentes communautés culturelles. Pour son travail de consultant, il recevait 1200 $ par semaine en plus d'avoir à sa disposition une jeep. À la fin de juin 2001, Daniel Dezainde les accuse, lui et Joe Morselli, d'avoir fait une «levée de fonds secrets» parce qu'il disait ne pas avoir été informé.

«C'est une histoire politique. Que Dezainde dise qu'il y avait un système parallèle, c'est complètement de la bullshit. Le seul système parallèle, c'étaient les gens qui appuyaient Paul Martin, qui ne voulaient pas travailler pour le parti et vendre des billets pour les activités. Ils étaient occupés à amasser des fonds pour Paul Martin», a déclaré M. Wajsman.

Selon ce dernier, l'attitude de M. Dezainde s'expliquerait par une chicane politique. Alfonso Gagliano se serait opposé à la nomination de M. Dezainde à la direction générale du PLC. Mais il y aurait plus. M. Wajsman a souligné qu'il y avait une divergence de vues importante sur la présence de militants issus de l'immigration. «Dezainde voulait que tout ces ethniques [sic] soient déplacés dans une commission des communautés culturelles. [...] Chaque fois que le Parti libéral a besoin des communautés culturelles, il en a besoin pour deux choses: comme esclaves dans les campagnes électorales ou pour acheter des billets. Dans un parti, il y a cinq commissions: jeunes, femmes, politiques, [communautés culturelles] et finances. Le pouvoir, c'est aux finances. Si tu peux vendre des billets pour les événements, ramasser des contributions, tu as du pouvoir et de l'influence dans le parti même pour les questions politiques. Et les chefs des communautés culturelles voulaient une place à la commission des Finances. C'était une condition», a raconté Beryl Wajsman.

Quant aux affirmations de Jean Brault, de Groupaction, qui aurait embauché M. Wajsman à la demande de Joe Morselli pour 5000 $ par mois, M. Wajsman a donné sa version des faits. «Brault voulait des entrées chez des compagnies privées [anglophones], particulièrement dans le secteur des vêtements pour faire le programme de communications. [...] Pour faire ce travail, j'ai demandé une commission qu'il a trouvée trop chère», a-t-il raconté en précisant qu'il n'y a pas eu d'entente. «Il n'y a pas eu d'enveloppe. Je n'ai pas pris d'enveloppe, ni de Brault ni de personne», a ajouté M. Wajsman, qui dénonce l'absence de présomption d'innocence pour les personnes nommées à la commission Gomery.