Kanesatake - James Gabriel demande à la cour d'ordonner le démantèlement du «Watch Team»

Le Conseil de bande de Kanesatake, dirigé par le grand chef James Gabriel, a déposé hier une requête en injonction afin que soit démantelée la milice connue sous le nom de Watch Team, qui semble faire sa loi sur le territoire, comme en a témoigné le reportage diffusé mardi dernier à l'émission Enjeux de Radio-Canada.

La demande d'injonction, qui devrait être entendue mercredi ou jeudi prochain au palais de justice de Saint-Jérôme, vise une dizaine de personnes identifiées au volant des voitures de patrouille de la milice, ainsi que celui qui dirigerait la Watch Team, John Harding.

La requête exige d'eux qu'ils «démantèlent immédiatement» la «Kanesatake Mohawk Watch Team» et cessent toute activité d'«intimidation» ou d'«obstruction» à l'endroit des représentants de la Sûreté du Québec et du corps de police mohawk de Kanesatake, qui n'ose plus s'aventurer sur le territoire depuis environ un an.

Le grand chef du Conseil de bande, James Gabriel, fait valoir que la diffusion du reportage d'Enjeux, montrant entre autres une patrouille de la SQ qui rebrousse chemin devant la milice, a rendu possible une telle démarche judiciaire, alors que la situation perdure depuis des mois: «On s'est dit: "voilà, on a une bande vidéo qui donne la preuve de ce qu'ils font avec la Sûreté du Québec".»

Si elle est accordée, l'injonction ne devrait pas mener, du moins à court terme, à une intervention policière pour démanteler la Watch Team. «Je ne pense pas que cela va être nécessaire d'avoir une entrée de force pour mettre un terme à la Watch Team, je pense plus que les amendes et possiblement un peu de temps en prison [si l'injonction n'est pas respectée et qu'une sentence d'outrage au tribunal est prononcée], cela va les décourager», croit M. Gabriel.

On souligne, dans le document présenté hier, qu'une injonction permettrait le rétablissement de la sécurité sur le territoire afin de permettre la tenue «d'élections générales, qui seraient autrement impossibles, vu l'état de non-respect de la loi qui règne à Kanesatake».

M. Gabriel a par ailleurs désigné récemment Robert E. Johnson, de la firme First Nation Election Services, afin de coordonner l'élection. Le grand chef et son principal opposant, Steven Bonspille, s'étaient pourtant entendus il y a quelques semaines pour avoir recours aux services d'Auguste Montour, dont la candidature avait été proposée par M. Bonspille.

M. Gabriel pense que la fameuse élection, reportée à maintes reprises au cours de la dernière année, pourrait se tenir vers la troisième semaine de juin. «C'est clair que ce coup-ci, si nous n'avons pas la collaboration de l'équipe de Bonspille et Harding [qu'il désigne comme le dirigeant de la Watch Team], on va aller de l'avant de toute façon», indique M. Gabriel, en faisant référence aux objections de M. Bonspille concernant le choix du directeur des élections.