L'UQAM congédie Corbeil et Gosselin

L'Université du Québec à Montréal (UQAM) n'a fait ni une ni deux hier: elle a remercié Serge Gosselin et Benoît Corbeil, deux employés de sa fondation dont les noms ont émergé lors du témoignage de Jean Brault devant la commission Gomery.

«Le président de la Fondation de l'UQAM [Pierre Roy] a exigé et obtenu [hier] matin la démission de Benoît Corbeil et de Serge Gosselin», a indiqué l'institution hier avant-midi par voie de communiqué. La Fondation de l'UQAM employait M. Corbeil à titre de directeur exécutif et directeur du développement de la fondation alors que M. Gosselin agissait comme directeur du développement du financement public.

«Le président a estimé qu'à la suite des allégations publiques faites lors des travaux de la commission Gomery, MM. Corbeil et Gosselin n'étaient plus en mesure d'assumer leurs mandats à la Fondation de l'UQAM», a indiqué en cours de journée Pierre Parent, vice-recteur aux affaires publiques et au développement, dans un message destiné à la communauté de l'UQAM.

Le témoignage corsé de l'ex-président de l'agence de publicité Groupaction, Jean Brault, a pointé à la fois M. Corbeil et M. Gosselin comme faisant partie des personnes qui ont soit sollicité, soit profité des fonds fédéraux pour renflouer les coffres du Parti libéral du Canada.

«Je veux dire à tous les membres de notre communauté mon regret le plus vif devant cette situation déplorable dans laquelle nous sommes aujourd'hui placés», écrit M. Parent dans son message. Lors d'un entretien téléphonique hier, M. Parent a assuré que l'université réexaminera l'ensemble des dons dont MM. Corbeil et Gosselin avaient la responsabilité en tant que contractuels à la fondation, depuis février 2003 pour le premier et novembre 2002 pour le second.

«Nos opérations sont surveillées et contrôlées de façon très rigoureuse», a assuré M. Parent, qui assume dès maintenant les responsabilités des deux postes vacants. «Nous allons réexaminer l'ensemble des opérations, mais nous sommes confiants que tout a été fait dans les règles.»

Rappelons que le témoignage de Jean Brault devant la commission Gomery cette semaine aura permis d'apprendre que Benoît Corbeil, alors directeur général de la section québécoise du Parti libéral du Canada, faisait partie des personnes qui ont sollicité M. Brault pour renflouer les coffres de la formation politique fédérale.

Toujours selon M. Brault, c'est à la demande de Benoît Corbeil que Serge Gosselin, un «bon militant libéral», aurait été pris à la charge de Groupaction, recevant des honoraires annuels de 80 000 $ sans pour autant avoir à effectuer une seule heure de travail pour l'agence de publicité.

M. Gosselin, également chargé de cours à l'UQAM, travaillait à la fondation à temps complet tandis que M. Corbeil n'y était que trois jours par semaine. L'UQAM était incapable de dire hier si les réserves qu'elle exprime quant à Serge Gosselin pour son travail à la fondation allaient se manifester de la même manière pour les tâches qu'il effectue comme chargé de cours.

Le recteur de l'UQAM, Roch Denis, a participé étroitement à la gestion de cette «crise» qui a surpris l'UQAM hier en journée. Il devait se présenter hier matin au dévoilement du Pôle universitaire de la Montérégie mais a annulé son passage à la toute dernière minute.