Trudeau convoque une rencontre au sommet sur la santé le 7 février

Le premier ministre Justin Trudeau et la vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland, en conférence de presse, lundi, à Hamilton
Nick Iwanyshyn La Presse canadienne Le premier ministre Justin Trudeau et la vice-première ministre et ministre des Finances Chrystia Freeland, en conférence de presse, lundi, à Hamilton

Justin Trudeau a convoqué ses homologues provinciaux à Ottawa le 7 février pour discuter du financement de la santé. La rencontre tant attendue ne devrait pas permettre d’en arriver dès lors à un accord final. L’objectif sera plutôt de faire connaître, de part et d’autre, ses demandes et ses attentes. Le premier ministre fédéral a cependant tout de même dit avoir bon espoir de s’entendre rapidement avec les provinces dans les semaines à venir.

L’impasse des derniers mois entre le fédéral et les provinces s’est finalement dénouée en ce début d’année. Suffisamment pour permettre cette rencontre au sommet que réclamaient les premiers ministres provinciaux depuis des mois.

« Ce n’est pas pour signer », a révélé Justin Trudeau en conférence de presse au terme de la rencontre présessionnelle de son Conseil des ministres, à Hamilton, mercredi. « Le travail a été fait en amont avec assez de premiers ministres [des provinces] pour que je sache que, oui, on est alignés dans la bonne direction, a-t-il toutefois ajouté. On devrait pouvoir conclure dans les semaines qui viennent de bons accords. »

Ottawa et les provinces souhaiteraient faire assez de progrès pour pouvoir inscrire les nouveaux fonds à leurs budgets respectifs du printemps.

Déjà, les premiers ministres de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et de Terre-Neuve-et-Labrador (Doug Ford, David Eby et Andrew Furey) ont confirmé qu’ils se déplaceraient à Ottawa dans deux semaines. Le bureau de François Legault, à Québec, a indiqué au Devoir que la date lui convenait également.

La première ministre du Manitoba, Heather Stefanson, qui préside cette année le Conseil de la fédération, n’a pas précisé si tous ses collègues acceptaient l’invitation. Elle a indiqué qu’elle y serait pour sa part. « Nous n’avons toujours pas de réelle proposition fédérale, mais je suis prudemment optimiste [du fait] qu’il y a suffisamment de momentum dans ce dossier fondamentalement prioritaire pour les Canadiens », a-t-elle déclaré sur Twitter.

Le noeud financier à régler

M. Trudeau n’a toujours pas précisé aux provinces la taille de la hausse des transferts qu’il leur proposera. Il s’est contenté de parler mercredi d’un « montant approprié ».

« On est sûrs qu’on va avoir des discussions là-dessus. Mais, pour nous, la grande préoccupation n’a jamais été juste le montant d’argent », a-t-il répliqué. « Ce sur quoi on est en train de travailler maintenant, c’est de s’assurer qu’on met l’emphase sur les résultats », a-t-il souligné.

Les premiers ministres des provinces réclament depuis plus de deux ans une hausse du transfert fédéral en santé. Justin Trudeau refusait d’en discuter tant que la pandémie ne serait pas passée. Il s’est par la suite mis à insister pour qu’une entente soit établie avant de s’asseoir avec ses homologues pour la ratifier. Mais les provinces rejetaient les « priorités » imposées par Ottawa et reprochaient au gouvernement Trudeau de ne pas préciser la taille de la hausse des transferts envisagée.

M. Trudeau semble maintenant disposé à rencontrer ses homologues simplement pour poursuivre la discussion, tandis que ces derniers semblent accepter de le rencontrer sans connaître la taille de l’enveloppe proposée.

Les provinces réclament qu’Ottawa bonifie ses transferts afin de couvrir 35 % de leur facture en santé par année, plutôt que les 22 % actuels — ce qui représenterait un investissement supplémentaire initial de 28 milliards de dollars.

M. Trudeau a rappelé, en point de presse, que le fédéral a versé 72 milliards de dollars aux provinces au fil de la pandémie. « Ce sont des dollars qui s’ajoutent aux dizaines de milliards de dollars que nous versons chaque année dans le transfert en santé. » Ce transfert s’est chiffré à 45,2 milliards de dollars en 2022-2023.

L’entente sur la table prévoit une augmentation — non chiffrée — du transfert fédéral sur 10 ans. L’unique condition serait que les provinces échangent avec Ottawa et entre elles leurs données. Ce que François Legault a accepté, en disant que son gouvernement les récolte déjà de toute façon.

Le gouvernement Trudeau compte ensuite procéder, dans un deuxième temps, à la négociation d’ententes bilatérales à la pièce, avec les provinces qui le souhaitent, sur l’une ou certaines des cinq priorités que les libéraux fédéraux ont fixées (le manque de travailleurs, les soins de santé primaires et la médecine familiale, les soins à domicile et de longue durée, la santé mentale et les dépendances, ainsi que les soins de santé virtuels).

Le Bloc québécois s’est réjoui que Justin Trudeau « accepte enfin de s’asseoir » avec les premiers ministres des provinces.

Le chef conservateur Pierre Poilievre n’a pas précisé à quelle hauteur il hausserait ces transferts s’il était premier ministre. Il a plutôt réitéré qu’il réclamerait que les provinces reconnaissent plus rapidement les diplômes étrangers des travailleurs de la santé.

Jagmeet Singh, du Nouveau Parti démocratique, a quant à lui réclamé que les ententes finales entre M. Trudeau et les provinces prévoient l’embauche de plus de médecins et d’infirmières et qu’elles empêchent toute dépense de fonds publics dans le privé en santé.

À voir en vidéo