Ottawa consacre 39,4 millions de dollars aux langues autochtones dans le Nord

Le député des Territoires du Nord-Ouest, Michael McLeod (milieu), a annoncé le financement dans la communauté de Dettah de la Première nation dénée de Yellowknife au nom du ministre du Patrimoine canadien.
Emily Blake La Presse canadienne Le député des Territoires du Nord-Ouest, Michael McLeod (milieu), a annoncé le financement dans la communauté de Dettah de la Première nation dénée de Yellowknife au nom du ministre du Patrimoine canadien.

Le gouvernement fédéral a annoncé qu’il prévoit investir 39,4 millions de dollars pour soutenir les langues autochtones dans les territoires.

Les fonds seront versés aux communautés, aux organisations et aux gouvernements pour récupérer, revitaliser, maintenir et renforcer les langues.

 

Le député des Territoires du Nord-Ouest, Michael McLeod, a annoncé le financement dans la communauté de Dettah de la Première nation dénée de Yellowknife au nom du ministre du Patrimoine canadien.

La Première Nation affirme que le financement l’aidera à offrir des cours et des camps de langue et de culture, ainsi qu’à élaborer des plans de cours, des livres, des vidéos et des documents de référence dans la langue Wiiliideh.

Le gouvernement fédéral indique avoir investi un total de 77,2 millions de dollars pour soutenir les langues autochtones dans le Nord depuis 2019.

Plus de 70 langues autochtones sont parlées au Canada, dont plusieurs sont en voie de disparition.

 

Le chef de la Première nation dénée de Yellowknife, Fred Sangris de Ndilo, a déclaré que les pensionnats ont eu un impact dramatique, car les élèves étaient empêchés de parler leur langue maternelle.

Il a soutenu que sa communauté s’accroche à la langue. « Sans la langue, l’identité est perdue », a-t-il dit.

Le chef de Dettah, Edward Sangris, a déclaré que la revitalisation de la langue Wiiliideh était importante, car il reste peu de locuteurs et certains aînés ont du mal avec l’anglais.

« Nous avons l’impression que les anciens se sentent seuls parce qu’ils n’ont personne à qui parler dans leur langue, alors nous essayons de résoudre ce problème », a-t-il expliqué.

« Notre vision de l’avenir est d’avoir des langues vivantes dans les communautés. »

Edward Sangris a déclaré que l’un des obstacles est que le wiiliideh n’est pas l’une des 11 langues officielles des Territoires du Nord-Ouest, dont neuf sont autochtones.

Le député Michael McLeod, qui a lui-même fréquenté un pensionnat, a déclaré qu’il comprenait directement les répercussions intergénérationnelles des systèmes coloniaux sur les langues, la culture et l’identité autochtones.

Il a mentionné que le financement pour soutenir les langues autochtones fait partie des efforts de réconciliation du gouvernement fédéral.

 

Cette dépêche a été rédigée avec l’aide financière des Bourses de Meta et de La Presse canadienne pour les nouvelles.

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