Allégations d’ingérence par la Chine: Trudeau fait un lien avec les États-Unis

Le premier ministre a maintenu que les rapports faits par un « comité indépendant » en matière de renseignement avaient conclu que l’intégrité des deux dernières élections fédérales, en 2019 et en 2021, « n’a pas été compromise ».
Adrian Wyld Archives La Presse canadienne Le premier ministre a maintenu que les rapports faits par un « comité indépendant » en matière de renseignement avaient conclu que l’intégrité des deux dernières élections fédérales, en 2019 et en 2021, « n’a pas été compromise ».

Le premier ministre Justin Trudeau a dressé un parallèle mardi entre le dossier des allégations d’ingérence chinoise dans les campagnes électorales de candidats fédéraux en 2019 et la remise en question, aux États-Unis, de la légitimité des dernières élections.

À son arrivée à une réunion du Conseil des ministres, M. Trudeau a assuré que son gouvernement prenait « très au sérieux » les informations rapportées par le réseau Global plus tôt ce mois-ci. Mais il a du même souffle maintenu que les rapports faits par un « comité indépendant » en matière de renseignement avaient conclu que l’intégrité des deux dernières élections fédérales, en 2019 et en 2021, « n’a pas été compromise ».

« L’important, c’est qu’on est en train de voir un petit peu, en ce moment, des gens jouer des à jeux qu’on a vus au sud de la frontière, de dire : “Ah, les élections ont été non légitimes, on a perdu à cause de l’influence d’autres pays.” Ça, c’est extrêmement sérieux comme allégation », a-t-il dit.

Selon le reportage de Global qui a remis à l’avant-plan la question des tentatives d’ingérence étrangère, des sources anonymes ont affirmé que le premier ministre avait été informé en janvier dernier que la Chine avait notamment financé au moins 11 candidats aux élections fédérales de 2019.

Comme il l’a fait au cours de la fin de semaine à Djerba, en Tunisie, M. Trudeau a nié avoir reçu une quelconque information en ce sens. Invité à dire s’il allait poser des questions à ses conseillers au sujet de ce reportage, il s’est défendu. « On s’est tournés vers nos services de renseignement et on a dit : “Regardez attentivement ces rapports. Allez au fond des choses, et en plus […] rapportez ce que vous allez pouvoir dire au comité parlementaire qui va être établi là-dessus.” »

Le 14 novembre, les libéraux ont appuyé une résolution présentée par les conservateurs à un comité parlementaire de la Chambre des communes visant à prolonger l’enquête sur l’ingérence étrangère afin de « discuter des rapports des médias selon lesquels le Parti communiste chinois a travaillé pour influencer les élections fédérales de 2019 ».

Les libéraux disent avoir appuyé la motion parce qu’ils croient que le reportage de Global soulève des questions auxquelles les officiels doivent répondre. La résolution demande que le gouvernement fournisse toutes les notes d’information, mémorandums et documents « pertinents » présentés au premier ministre et aux membres du cabinet à ce sujet dans un délai d’une semaine.

« Mais je peux vous dire que, selon toutes les informations qu’on a reçues, selon le comité [en matière de renseignement] qu’on a établi pour s’assurer que les résultats de nos élections [n’avaient] pas été affectés par quelque chose que ce soit, nos élections ont été intègres », a conclu M. Trudeau mardi en fin de mêlée de presse.

Il a mentionné que des tentatives d’ingérence se produisent depuis des années par des initiatives chinoises, mais aussi iraniennes et russes.

On est en train de voir un petit peu, en ce moment, des gens jouer à des jeux qu’on a vus au sud de la frontière, de dire : “Ah, les élections ont été non légitimes, on a perdu à cause de l’influence d’autres pays.” Ça, c’est extrêmement sérieux comme allégation

 

Devant les élus du comité des Communes tentant de faire la lumière sur les allégations d’ingérence de la Chine dans la campagne électorale de 2019, le directeur général des élections, Stéphane Perrault, a dit en anglais qu’il n’était pas « en position de se prononcer sur l’exactitude des contenus des récents reportages ».

Il a ajouté ne pas avoir eu connaissance de détails à ce chapitre dans le cadre de ses fonctions à Élections Canada.

Questionné en français par la députée bloquiste Marie-Hélène Gaudreau, il a soutenu dans la même langue qu’« il faut faire attention quand on a un article de journal, des médias ».

« Je ne veux pas remettre en cause le travail journalistique, mais on n’a pas une enquête. On ne sait pas ce qui est arrivé dans quelle circonscription », a-t-il déclaré.

Il a aussi mentionné que, si de l’argent a bel et bien été versé, il reste à éclaircir s’il « est allé à des candidats pour des campagnes ou pour des fins personnelles ».

M. Perrault a en outre précisé que, si des allégations précises survenaient, il ne serait pas la personne chargée d’enquêter sur le sujet. Le dossier tomberait plutôt dans le giron du commissaire aux élections fédérales.

Avec Marie-Danielle Smith

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