Steven Guilbeault critiqué au congrès québécois du NPD

Dans la foulée de ces attaques lancées à l’endroit du ministre Guilbeault, le parti s’est donné comme mission de ravir le siège du député lors des prochaines élections.
Photo: La Presse canadienne Dans la foulée de ces attaques lancées à l’endroit du ministre Guilbeault, le parti s’est donné comme mission de ravir le siège du député lors des prochaines élections.

En marge du congrès québécois du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui s’est déroulé cette fin de semaine à Montréal, et de la conclusion de la COP27 à Charm el-Cheikh, le lieutenant pour le Québec du NPD, Alexandre Boulerice, reproche au ministre fédéral de l’Environnement, Steven Guilbeault, de mener une politique environnementale « incohérente ».

Il déplore la décision du député de la circonscription montréalaise de Laurier–Sainte-Marie, qui a représenté le Canada lors de la conférence mondiale sur le climat, d’avoir refusé d’inclure un libellé demandant l’élimination progressive de tous les combustibles fossiles dans l’accord final lors des pourparlers sur le climat en Égypte. « On est encore à des milliards de dollars en subventions à des compagnies pétrolières, malgré leur promesse de les éliminer », déplore-t-il.

M. Guilbeault doit assumer ses gestes comme ministre de l’Environnement, poursuit le député néodémocrate. « C’est lui qui a autorisé le projet pétrolier de la Bay du Nord au large de Terre-Neuve. C’est lui, qui, contrairement à l’appel de l’ONU, a refusé qu’on taxe davantage les compagnies pétrolières qui font des profits records, et c’est lui qui a invité ces mêmes lobbyistes au pavillon du Canada lors de la COP27. »

Dans la foulée de ces attaques lancées à l’endroit du ministre Guilbeault, le parti s’est donné comme mission de ravir le siège du député lors des prochaines élections.

« On va viser un siège en particulier : celui du ministre de l’Environnement, a lancé le chef néodémocrate, Jagmeet Singh, dans le cadre d’un discours qu’il a tenu dimanche matin, à Montréal, aussitôt applaudi par la foule de militants présents. C’est un comté qu’on peut gagner et qu’on doit gagner. »

Pour rappel, M. Guilbeault avait récolté 38 % des voix, contre 32,9 % pour son adversaire, Nimâ Machouf, qui portait les couleurs du NPD lors des dernières élections fédérales.

« Les gens de Laurier–Sainte-Marie avaient voulu envoyer de bonne foi quelqu’un qu’ils connaissaient pour son passé de militant écologiste pour lui donner une chance. Mais on se rend compte que M. Guilbeault est une immense déception », ajoute M. Boulerice, en entrevue au Devoir.

Il faut une « voix forte » capable de porter les inquiétudes et mécontentements des électeurs, préoccupés par la crise climatique, et M. Guilbeault n’est pas à la hauteur des attentes, selon le député.

« Redonner espoir »

Le NPD se propose comme solution « porteuse d’espoir », face à la crise environnementale, mais aussi à l’augmentation du coût de la vie « qui frappe fort », a soutenu dimanche le leader néodémocrate.

« Les gens sentent que c’est de plus en plus difficile de joindre les deux bouts et de payer les factures », a-t-il ajouté. En ce sens, Jagmeet Singh s’est réjoui des « victoires » du parti grâce à l’entente conclue avec les libéraux en mars dernier. Il s’est notamment félicité d’avoir « forcé » le gouvernement de Justin Trudeau à mettre en oeuvre un programme visant à offrir des soins dentaires gratuits aux enfants de moins de 12 ans, à inclure un supplément unique de 500 $ à l’Allocation canadienne d’aide au logement et à doubler le crédit d’impôt pour la TPS.

D’autres résolutions concernent la protection du Saint-Laurent, le revenu minimum garanti, l’abolition de la monarchie ainsi que la création d’un programme national contre l’obsolescence programmée ont été adoptées dans le cadre du congrès qui s’est conclu dimanche.

En matière d’environnement, le parti souhaite que soient créés des emplois dans le secteur des énergies renouvelables. « On voudrait voir une stratégie industrielle pour l’électrification des transports, la construction d’automobiles électriques et des investissements plus conséquents sur les énergies éolienne, marémotrice et solaire », explique M. Boulerice.

Pour y arriver, le parti a l’intention de viser « la tranche de l’électorat qui est la plus préoccupée par la justice climatique et sociale », soit les 18 à 34 ans. Le NPD veut faire des gains dans la métropole, notamment dans Outremont et dans Hochelaga, à Sherbrooke, mais aussi au centre de la ville de Québec.

Certain que le NPD pourra faire « des gains significatifs au Québec » lors des prochaines élections fédérales, le député néodémocrate a ajouté que « beaucoup de ressources » seraient mises sur le terrain dans ces régions au cours des prochains mois.

Avec La Presse canadienne

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