Ottawa a remis des documents en anglais à l’Assemblée parlementaire de la francophonie

Le député conservateur Joël Godin juge « inacceptable »  qu’un haut-commissariat qui représente un pays bilingue  fournisse de la documentation unilingue anglaise.
Adrian Wyld La Presse canadienne Le député conservateur Joël Godin juge « inacceptable » qu’un haut-commissariat qui représente un pays bilingue fournisse de la documentation unilingue anglaise.

Les élus rassemblés à Kigali, au Rwanda, à l’occasion de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), cet été, se sont fait remettre une trousse d’information uniquement en anglais par le gouvernement canadien, ce qui indigne un député conservateur, d’autant plus qu’il n’a toujours pas reçu de réponse à une lettre de plainte.

Il est tout simplement « inacceptable » qu’un haut-commissariat qui représente un pays bilingue comme le Canada fournisse de la documentation unilingue anglaise, a lancé en entrevue le député Joël Godin, qui assistait à la rencontre à titre de membre de l’APF et de président de la Commission des affaires parlementaires du regroupement.

« C’est la moindre des choses que ces institutions-là à l’étranger puissent respecter l’esprit de notre pays, c’est-à-dire bilingue français-anglais, a renchéri M. Godin. Ça n’aurait pas été très sorcier de fournir cette information-là bilingue. »

La trousse aurait été distribuée à tous les membres de la délégation de la section canadienne lors de l’assemblée plénière, soit une dizaine de parlementaires.

Selon ce qu’a pu consulter La Presse canadienne, elle était composée de deux documents. Le premier, de 39 pages, intitulé « Dine & Shop around Kigali » est produit par le « Rwanda Convention Bureau » et le « Rwanda Development Board ». Le second, d’une quinzaine de pages, est de toute évidence fait maison, dans un logiciel de traitement de texte.

Dans leur ensemble, les documents présentent des renseignements clés sur le Rwanda, comme le fait que le pays compte 11,8 millions d’habitants, que le fuseau horaire est celui de l’heure d’Afrique centrale et que les langues officielles sont le kinyarwanda, l’anglais, le français et le swahili. Ils proposent également des listes de restaurants, de cafés, de bars et d’activités.

La trousse était accompagnée d’une courte lettre de présentation du haut-commissaire pour le Canada, Christopher Thornley, qui, elle, est bilingue à l’exception de la longue signature.

M. Thornley y souhaite la bienvenue aux élus et les invite à contacter Affaires mondiales Canada, à Ottawa, en cas d’urgence, après avoir expliqué que le « petit bureau de Kigali » a une « capacité très limitée, car un certain nombre d’employés sont en congé ».

Joël Godin, qui est également porte-parole conservateur en matière de Langues officielles, a écrit une lettre au début octobre à la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas Taylor, et à celle des Affaires étrangères, Mélanie Joly, pour leur demander « que cela ne se reproduise plus ».

Or, un mois plus tard, M. Godin est « frustré, déçu » de n’avoir toujours pas reçu de réponse à sa lettre, ni même d’accusé de réception.

« Inacceptable », dit Ottawa

La situation est tout simplement « inacceptable », a affirmé le cabinet de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, en réponse à des questions de La Presse canadienne.

Et le bureau de M. Godin a été informé de ce point de vue « le 7 octobre dernier », note-t-on, soit trois jours après l’envoi de sa missive.

« Dès réception, nous avons transmis ce message au ministère et fait les vérifications nécessaires afin qu’une telle situation ne se reproduise plus à l’avenir », indique le cabinet de Mme Joly.

Il affirme également que la langue française fait partie de l’identité du Canada sur la scène internationale, qu’elle constitue « un avantage stratégique important pour le réseau diplomatique canadien » et que le pays prend « avec le plus grand sérieux » sa responsabilité de protéger et de promouvoir la place du français au sein du ministère.

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