Le fédéral inquiet de voir l’Unifolié dans les convois du monde

Le drapeau à la feuille d’érable a été adopté par le convoi de camions qui a bloqué les rues d’Ottawa et certains points frontaliers du pays, en janvier et février dernier.
Andrej Ivanov Agence France-Presse Le drapeau à la feuille d’érable a été adopté par le convoi de camions qui a bloqué les rues d’Ottawa et certains points frontaliers du pays, en janvier et février dernier.

Le gouvernement du Canada s’inquiétait pour son image à voir son drapeau flotter lors de manifestations inspirées du Convoi de la liberté à travers le monde, a entendu lundi la Commission sur l’état d’urgence.

« Le Canada veut protéger sa réputation », a expliqué Cindy Termorshuizen, une haute fonctionnaire d’Affaires mondiales Canada (AMC), devant le commissaire Paul Rouleau.

Le drapeau à la feuille d’érable a été adopté par le convoi de camions qui a bloqué les rues d’Ottawa et certains points frontaliers du pays, en janvier et février dernier. Des mouvements opposés aux mesures sanitaires d’autres pays ont rapidement copié ce symbole au moment d’organiser leurs propres convois, aux États-Unis, en Australie, en France ou aux Pays-Bas, notamment.

Le gouvernement canadien a documenté tous ces différents mouvements inspirés du blocage de sa propre capitale. « Le “modèle” canadien est en train d’être exporté et le drapeau canadien est détourné comme un symbole des manifestations dans le monde », s’inquiétait un fonctionnaire dans un courriel du 14 février, date de l’invocation de la Loi des mesures d’urgence.

Cette loi oblige le gouvernement à tenir une enquête publique, qui a commencé lundi sa cinquième semaine d’audiences publiques. Des responsables de différents ministères fédéraux doivent y comparaître toute la semaine, dont la commissaire de la Gendarmerie royale du Canada, Brenda Lucki, mardi. Des ministres fédéraux et le premier ministre Justin Trudeau prendront la parole la semaine prochaine.

Dommages à la réputation

Les responsables d’AMC ont précisé lundi avoir été très soucieux pour la réputation du pays lors des blocages à la frontière canadienne, ce qui mettait en danger l’image d’« un pays qui accueille le commerce et la prospérité économique. » Des élus américains ont notamment utilisé cette perturbation commerciale comme un argument politique, faisant valoir la nécessité de « faire revenir les emplois aux États-Unis ».

Les entreprises les plus fortement touchées par la perturbation à la frontière de Windsor ont été les japonaises Toyota et Honda, a précisé Mme Termorshuizen. Le président des États-Unis, Joe Biden, a directement partagé son inquiétude lors d’un appel téléphonique avec le premier ministre Justin Trudeau.

Le gouvernement canadien était également soucieux de maintenir l’accès à la quinzaine d’ambassades ou de résidences officielles situées près des rues occupées par le Convoi de la liberté cet hiver, en vertu de ses obligations internationales.

Selon des documents déposés à la Commission Rouleau, le Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS) n’avait trouvé aucune menace à la sécurité nationale dans le mouvement du Convoi de la liberté, du moins au moment d’invoquer l’urgence pour le déloger. Cette menace est définie par de l’espionnage ou du sabotage, de l’influence de gouvernements étrangers ou encore des risques de violences motivées par des objectifs idéologiques.

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