Ottawa et Québec discutent de l’annulation des intérêts sur les prêts étudiants

Selon Ottawa, la moitié des étudiants canadiens de niveau post-secondaire ont recours à des prêts étudiants.
Photo: Michaël Monnier archives Le Devoir Selon Ottawa, la moitié des étudiants canadiens de niveau post-secondaire ont recours à des prêts étudiants.

L’annulation des intérêts sur les dettes d’études offerte durant la pandémie — et qui arrive à échéance — sera-t-elle renouvelée ? Le gouvernement Trudeau négocie avec Québec pour que les étudiants de la province puissent bénéficier de l’élimination permanente qu’Ottawa propose ailleurs au pays.

Jeudi dernier, lors du dévoilement de l’énoncé économique de l’automne, le fédéral annonçait son intention d’éliminer de façon permanente les intérêts sur tous les prêts aux étudiants et aux apprentis qu’il administre, y compris ceux en cours de remboursement — une manière de renouveler la mesure d’aide offerte aux étudiants lors de la pandémie, qui doit prendre fin le 31 mars prochain.

Or, pour le moment, les étudiants québécois ne sont pas concernés par la mesure, car Québec administre son propre programme d’aide financière.

Les choses pourraient par contre changer si les deux ordres de gouvernement s’entendent, comme ils l’ont fait dans les dernières années. « L’éducation est une compétence du Québec. Nous étudions la possibilité d’harmoniser notre programme de prêts et bourses », indique-t-on au cabinet du ministre des Finances du Québec.

Si la province emboîte le pas au fédéral, Ottawa lui versera une compensation financière dont le montant n’est toutefois pas encore connu. « On a prévu de l’argent, mais on est en négociation avec le gouvernement du Québec », indique la responsable du dossier, Rachel Bendayan, députée d’Outremont et présidente du caucus québécois du Parti libéral du Canada. « On y tient. On aimerait vraiment offrir ça aux étudiants québécois et [aux étudiantes] québécoises. C’est une de mes priorités », souligne-t-elle.

Selon Ottawa, la moitié des étudiants canadiens de niveau postsecondaire ont recours à des prêts étudiants pour payer leurs frais de scolarité et les biens essentiels à leur parcours scolaire. Un emprunteur étudiant économiserait en moyenne 410 $ par an grâce à l’annulation permanente des intérêts sur les dettes d’études.

La mesure proposée par le fédéral coûterait environ 2,7 milliards de dollars sur cinq ans à Ottawa, et 556,3 millions de dollars par la suite, mentionne-t-on dans l’énoncé économique.

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