Ottawa souhaite accueillir 500 000 immigrants par année d’ici 2025

Le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser
Adrian Wyld La Presse canadienne Le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser

Le gouvernement fédéral prévoit une augmentation massive du nombre d’immigrants entrant au Canada, avec un objectif de 500 000 par année d’ici 2025.

Le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, a affirmé mardi que ces nouveaux seuils étaient nécessaires pour assurer la prospérité économique du Canada, alors que le pays est aux prises avec une importante pénurie de main-d’oeuvre et recense environ un million de postes vacants.

« Notre plan met l’accent sur la croissance économique, a déclaré M. Fraser lors d’un événement à North York, en Ontario. Et d’ici la troisième année de ce plan [en 2025], 60 % des nouveaux immigrants seront admis dans la catégorie “immigration économique”. »

Le plan fédéral prévoit l’accueil de 465 000 nouveaux arrivants à compter de 2023, pour atteindre 500 000 en 2025, en mettant fortement l’accent sur l’immigration économique — sur la base des compétences professionnelles ou de l’expérience de travail des demandeurs.

Ottawa prévoit par contre une diminution du nombre de réfugiés accueillis au pays, et une augmentation plus modérée du nombre de réunifications des familles.

 

Le Québec peu enthousiaste

Québec, qui souhaite, au contraire, limiter les seuils d’immigration à 50 000, a accueilli cette annonce avec froideur.

« Nous prenons acte des seuils d’immigration présentés par le fédéral », a réagi la nouvelle ministre de l’Immigration, Christine Fréchette, sur Twitter.

La ministre, qui n’a pas voulu accorder d’entrevue sur le sujet, a en outre réaffirmé sa volonté de voir le Québec obtenir plus de pouvoirs en immigration d’Ottawa. « Notre position demeure la même : on a besoin de + de pouvoirs en immigration si on veut protéger le français. »

Les nouveaux seuils ont été annoncés quelques jours après que Statistique Canada eut indiqué que 23 % des habitants du pays étaient en 2021 des immigrants reçus ou des résidents permanents, ce qui constitue le pourcentage le plus élevé jamais enregistré et le plus élevé parmi les pays du G7. L’institution prévoit que d’ici 2041, jusqu’à 34 % des Canadiens seront des immigrants.

De longs délais de traitement

 

Le ministre Fraser a voulu désamorcer immédiatement les critiques en ce qui concerne la réduction des seuils pour les réfugiés. Il a affirmé que le Canada avait été ces dernières années un chef de file mondial dans la réinstallation de Syriens, d’Ukrainiens et d’Afghans, notamment.

Il a par ailleurs promis que le gouvernement fédéral serait prêt à gérer ce qui sera un afflux sans précédent de demandes d’immigration, et prévoit l’embauche de centaines de nouveaux fonctionnaires et la mise en place d’autres changements pour accélérer le processus.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada est déjà critiqué pour les longs délais dans le traitement des demandes.

Avec Isabelle Porter

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