Mélanie Joly convoque un front commun féminin contre l’Iran

Mélanie Joly veut encourager les pays qui participeront à la réunion à imposer à leur tour des sanctions plus sévères au régime iranien.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Mélanie Joly veut encourager les pays qui participeront à la réunion à imposer à leur tour des sanctions plus sévères au régime iranien.

Face à la répression meurtrière en Iran, qui sévit contre les manifestants en soutien à Mahsa Amini et qui s’opposent à la « police des moeurs » du régime, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Mélanie Joly, souhaite mobiliser les femmes ministres à travers le monde. Mme Joly a convoqué jeudi une quinzaine de ses homologues dans l’espoir de les convaincre de hausser le ton contre Téhéran.

La situation en Iran est « extrêmement préoccupante », a-t-elle déploré mercredi au parlement. « Une jeune femme… En fait, même pas… Une enfant a été tuée par le régime iranien. Son nom était Asra Panahi. Elle avait 16 ans. Et, essentiellement, elle a été tuée parce qu’elle refusait de chanter l’hymne national », a indiqué la ministre Joly en point de presse.

Asra Panahi faisait partie d’un groupe de jeunes étudiantes qui auraient été battues par les forces de l’ordre lors d’une intervention dans leur école la semaine dernière, au cours de laquelle certaines d’entre elles auraient refusé de louanger l’ayatollah Ali Khamenei. Son décès a été annoncé lundi.

L’Iran est le théâtre de manifestations monstres depuis que Mahsa Amini, une jeune femme de 22 ans, est morte à l’hôpital, en septembre dernier, après avoir été arrêtée par la police des moeurs à Téhéran pour non-respect du code vestimentaire strict imposé aux femmes dans le pays.

Un large consensus recherché

Mélanie Joly a rassemblé 14 femmes ministres des Affaires étrangères, qui ont confirmé leur présence en vue de la rencontre virtuelle qui se tiendra jeudi matin.

 

L’objectif sera de « garder le momentum » de la communauté internationale et d’encourager les pays qui participeront à la réunion à imposer à leur tour des sanctions plus sévères au régime iranien, a-t-elle expliqué mercredi au parlement.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, sera de la rencontre, de même que les ministres du Sénégal, Aïssata Tall Sall, et du Chili, Antonia Urrejola. Elles seront rejointes par les diplomates en chef de la Nouvelle-Zélande, de la Norvège, de l’Islande, du Kosovo, de l’Albanie, d’Andorre, du Liechtenstein, de la Libye, de la République africaine centrale, de la Mongolie et du Panama.

La rencontre sera l’occasion « d’écouter le témoignage de femmes d’origine iranienne et de discuter de la situation préoccupante des droits des femmes et des droits de la personne en Iran », a fait valoir Mélanie Joly par voie de communiqué. « Cette réunion donnera à d’influentes femmes diplomates l’occasion de coordonner leurs efforts et de discuter des moyens d’accroître leur soutien collectif au peuple iranien. »

La ministre Joly a pris l’habitude de s’allier à ses collègues féminines sur la scène internationale Elle s’est notamment coordonnée au sein du G7 avec la ministre Baerbock et l’ancienne ministre britannique des Affaires étrangères devenue récemment première ministre, Liz Truss, pour tenir tête au régime russe de Vladimir Poutine et à son ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

Des sanctions imposées

Le gouvernement canadien a imposé des sanctions à 42 personnes et 12 entités en Iran depuis le début du mois. Plus de 10 000 des plus hauts dirigeants du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’Iran ont également été interdits de territoire au Canada.

La répression du régime iranien contre les manifestants a fait au moins 122 morts, selon l’Iran Human Rights Watch basé à Oslo, dont au moins 23 enfants âgés de 11 à 17 ans, selon Amnistie internationale.

Le Parti conservateur du Canada somme le gouvernement canadien d’en faire plus et d’inscrire le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l’Iran sur la liste des entités terroristes. Les experts rétorquent que cela serait cependant excessivement complexe à implanter et à faire respecter.

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