Danielle Smith, nouvelle première ministre albertaine

Danielle Smith
Jeff McIntosh La Presse canadienne Danielle Smith

Les membres du Parti conservateur uni (PCU) ont choisi Danielle Smith pour succéder à Jason Kenney à la tête du gouvernement de l’Alberta.

La lutte aura finalement été plus serrée que prévu alors que Mme Smith aura eu besoin de six tours pour franchir le seuil de 50 % des appuis.

Dès le troisième tour, Danielle Smith a commencé à distancer ses adversaires avec 42 % des voix, mais l’ancienne cheffe du Parti Wildrose aura dû patienter trois tours supplémentaires.

C’est l’ancien ministre des Finances dans le gouvernement Kenney, Travis Toews, qui était le plus proche poursuivant de Mme Smith avec un peu plus de 30 % des voix.

Près de 85 000 membres ont participé à l’élection de la nouvelle cheffe du PCU. Les membres votants devaient classer les candidats selon leur ordre de préférence.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a rapidement réagi par voie de communiqué pour féliciter sa nouvelle homologue albertaine.

 

« Je félicite Danielle Smith pour son élection à titre de cheffe du Parti conservateur uni de l’Alberta et de première ministre de l’Alberta, a-t-il déclaré. Je me réjouis à l’idée de travailler avec la nouvelle première ministre Smith et le gouvernement de l’Alberta afin de bâtir un avenir meilleur pour les Albertains et tous les Canadiens. »

M. Trudeau a également remercié Jason Kenney pour son travail au service de l’Alberta et du Canada.

Ce dernier a lui aussi félicité sa successeure par une déclaration publiée sur Twitter. « Félicitations à Danielle Smith pour avoir remporté une majorité de voix dans l’élection à la chefferie du PCU et à tous ceux qui ont participé au processus pour leur dévouement envers la démocratie. »

Il a promis une transition du pouvoir dans l’ordre.

Jason Kenney avait annoncé sa démission après avoir obtenu 51 % d’appuis lors d’un vote de confiance des membres du parti, au printemps. Il avait déclaré qu’il démissionnerait dès qu’on lui aurait trouvé un successeur.

« Je me sens très bien, je ne fais que mon travail : j’essaie de remplir les engagements que nous avons pris auprès des Albertains tant que j’en aurai la responsabilité », a affirmé M. Kenney jeudi matin lors d’un point de presse à Calgary.

Le premier ministre démissionnaire a profité de l’occasion pour annoncer que 50 lits de soins intensifs qu’il avait promis ont maintenant été livrés et que le gouvernement poursuivait ses efforts pour recruter davantage d’infirmières.

M. Kenney a mentionné qu’on lui demande souvent pourquoi il avait choisi de demeurer en poste après le vote de confiance de son parti, plutôt que de laisser immédiatement la place à un chef intérimaire.

« Croyez-moi, je ne suis pas venu en politique pour le prestige : je me suis présenté pour faire avancer les choses », a-t-il souligné.

« Et si nous étions passés par un gouvernement intérimaire pendant cinq mois, nous n’aurions pas pu accomplir beaucoup de choses. Il y aurait eu une certaine paralysie politique, au moment même où nous étions en pleine relance après la COVID-19. »

Le vote pour élire son successeur ou sa successeure est ouvert aux 124 000 membres admissibles du parti, dont beaucoup se sont déjà prononcés par la poste. Les militants pouvaient aussi voter en personne, jeudi, à l’un des cinq bureaux de vote en Alberta.

Sept candidats s’affrontaient, y compris quatre anciens ministres de Jason Kenney.

La course à la direction du Parti conservateur uni de l’Alberta a été dominée par l’enjeu de vouloir affirmer une plus grande indépendance de la province face au gouvernement fédéral.

Les observateurs politiques et les sondeurs estiment toutefois que quiconque remportera cette course devra commencer à parler des questions qui préoccupent davantage les Albertains.

La sondeuse Janet Brown et la politologue Lori Williams ont déclaré que les Albertains sont plus préoccupés par l’inflation, les listes d’attente dans les soins de santé et l’engorgement des salles d’urgence des hôpitaux.

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