Le Canada sanctionne une dizaine de responsables iraniens et la police des moeurs

Une femme crie son appui à ses consoeurs iraniennes lors d’une manifestation tenue le 21 septembre devant le consulat iranien à Istanbul. Le drapeau brandit près d’elle est celui qui était utilisé par l’Iran avant la Révolution islamique.
Francisco Seco Associated Press Une femme crie son appui à ses consoeurs iraniennes lors d’une manifestation tenue le 21 septembre devant le consulat iranien à Istanbul. Le drapeau brandit près d’elle est celui qui était utilisé par l’Iran avant la Révolution islamique.

Le Canada va imposer des sanctions contre une dizaine de responsables iraniens et d’entités dont la police des moeurs après la répression meurtrière des manifestations des derniers jours à la suite de la mort de la jeune Mahsa Amini, a annoncé le premier ministre Justin Trudeau lundi.

« Nous allons appliquer des sanctions à l’encontre de dizaines de personnes et d’entités, dont la soi-disant police des moeurs iranienne », a expliqué, lors d’une conférence de presse, le chef du gouvernement, qui s’est dit « aux côtés » des femmes iraniennes.

« Nous joignons nos voix, les voix de tous les Canadiens, aux millions de personnes dans le monde qui exigent que le gouvernement iranien écoute son peuple, mette fin à sa répression des libertés et des droits et laisse les femmes et tous les Iraniens vivre leur vie et s’exprimer pacifiquement », a-t-il ajouté.

Au même moment à l’Assemblée générale de l’ONU, la ministre des Affaires étrangères canadienne Mélanie Joly a également apporté son soutien aux Iraniennes. « Les femmes qui protestent contre la mort de Mahsa Amini sont accueillies par des arrestations et des balles. Nous saluons leur courage et nous nous joignons à elles pour envoyer un message fort : les droits des femmes sont des droits humains », a-t-elle déclaré.

Selon un bilan officiel non détaillé, incluant manifestants et forces de l’ordre, 41 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement de protestation contre la mort d’une jeune femme détenue par la police des moeurs il y a dix jours. Et plus de 1200 personnes, la plupart dans le nord de l’Iran, ont été arrêtées.

La jeune Mahsa Amini avait été appréhendée à Téhéran pour « port inapproprié de vêtements ». Dans la République islamique, le code vestimentaire pour les femmes est strict, en particulier celui imposant le port du voile islamique.

Le mouvement de contestation s’est propagé dans plusieurs villes du pays, où les manifestants ont crié des slogans hostiles au pouvoir, selon les médias locaux.

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