«Le Parti conservateur du Canada n’est plus», déplore une militante

«Le Parti conservateur du Canada est devenu le parti des anarchistes de droite. [Pierre Poilievre] transporte avec lui des groupes dissidents et des extrémistes convaincus», dit Lise des Greniers dans une lettre dont Le Devoir a obtenu une copie.
Adrian Wyld La Presse canadienne «Le Parti conservateur du Canada est devenu le parti des anarchistes de droite. [Pierre Poilievre] transporte avec lui des groupes dissidents et des extrémistes convaincus», dit Lise des Greniers dans une lettre dont Le Devoir a obtenu une copie.

Lise des Greniers, présidente de l’Association électorale de la circonscription de Brossard-Saint-Lambert du Parti conservateur du Canada (PCC), démissionne de son poste et tourne le dos à son parti, déplorant l’élection de Pierre Poilievre à la tête du PCC. Elle accuse le nouveau chef de miner les institutions démocratiques du pays, de dynamiser la grogne et de mettre en péril la paix sociale.

« Le Parti conservateur du Canada est devenu le parti des anarchistes de droite. [Pierre Poilievre] transporte avec lui des groupes dissidents et des extrémistes convaincus », dit-elle dans une lettre dont Le Devoir a obtenu une copie, critiquant surtout l’appui de Pierre Poilievre au « Convoi de la liberté » d’Ottawa.

Elle ouvre sa lettre avec une déclaration sans équivoque : « Le Parti conservateur du Canada auquel j’appartiens […] n’est plus ».

Lise des Greniers fut aussi candidate pour le PCC dans la Rive-Sud de Montréal par le passé, ainsi que membre du conseil d’administration du parti. Dès aujourd’hui, elle démissionne de son poste de présidente d’association de circonscription, et demande qu’on lui retire sa carte de membre du parti.

Sans nécessairement pointer du doigt des politiques précises proposées par le nouveau chef, Mme des Greniers insiste sur le fait que Pierre Poilievre soutient un « récit sur l’antiparlementarisme et l’anti-intellectualisme ». « Nos valeurs canadiennes et provinciales propres à notre culture, nos principes moraux, nos repères comportementaux sont compromis », dit-elle.

Rappelons que quelques jours après la victoire écrasante de Pierre Poilievre à la tête du PCC avec 68 % des voix samedi dernier, Alain Rayes, le député de Richmond–Arthabaska et chef de file québécois du parti, a également démissionné. M. Rayes dénonçait lui aussi l’appui de Pierre Poilievre au « Convoi de la liberté », et craignait qu’il « menace nos institutions démocratiques ».

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