Le Bloc québécois ne souhaite pas exagérer le deuil de la reine

Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a précisé qu’il n’assistera pas aux funérailles de la reine, lundi, pour lesquelles un événement est prévu à Ottawa.
Photo: Sean Kilpatrick La Presse canadienne Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a précisé qu’il n’assistera pas aux funérailles de la reine, lundi, pour lesquelles un événement est prévu à Ottawa.

Le chef du Bloc québécois a pressenti que les médias en feraient probablement trop pour souligner le décès de la reine Élisabeth II, après qu’il eut quitté la Chambre des communes avant la fin des discours d’adieu des députés à la souveraine.

« Je veux juste garder un truc clair, parce que je comprends qu’il va y avoir une tentation de certains journalistes, pas vous autres, j’en suis convaincu, de rendre ça plus sensationnel que ça l’est », a laissé tomber Yves-François Blanchet aux reporters à sa sortie de la Chambre, jeudi matin.

Le chef du parti souverainiste au fédéral a précisé qu’il n’assistera pas aux funérailles de Sa Majesté, lundi, pour lesquelles un événement est prévu à Ottawa. « On n’a pas à répéter les condoléances ad nauseam, parce qu’à un moment donné, il y a une ligne, que je ne placerai pas moi-même, où les condoléances sincères vont être remplacées par de l’opportunisme politique. »

Yves-François Blanchet venait tout juste de livrer, comme les autres chefs de parti à Ottawa, son discours de condoléances « à quiconque vit un deuil suite au décès de la reine Élisabeth II », lors de la séance spéciale tenue jeudi à la Chambre des communes dans la capitale canadienne.

Il y a une ligne, que je ne placerai pas moi-même, où les condoléances sincères vont être remplacées par de l’opportunisme politique 

 

Le politicien a souligné que « la relation historique entre la Couronne d’Angleterre et la nation québécoise est parsemée de moments dramatiques ». Il a ajouté qu’il sépare « l’institution de la personne », mais a invité les parlementaires à tenir « bientôt » une réflexion sur l’avenir de la monarchie au pays. Les bloquistes sont sortis de la salle après les discours des chefs et l’observation d’une minute de silence, afin de « [laisser] les élus du Canada à leur manifestation ».

D’autres chefs de parti ont utilisé un ton bien différent. Le chef libéral et premier ministre, Justin Trudeau, a notamment répété que la reine était « l’une de ses personnes préférées dans le monde ». Le chef de l’opposition officielle nouvellement arrivé à la tête du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a mentionné en français qu’Élisabeth II était « notre reine », et selon lui « un modèle pour tous ceux et celles qui assument des responsabilités du service public ».

Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a inclus dans son discours le fait que la Couronne a « beaucoup de travail à faire » pour réparer sa relation avec les peuples pour lesquels la colonisation a engendré la guerre, la violence, ou la perte de leur langue et de leur culture, entre autres exemples.

« Les plus loyaux et fidèles sujets »

Aucun élu ne s’est opposé à l’adoption d’une motion qui proposait d’envoyer un mot de condoléances au nouveau roi du Canada, Charles III, présenté comme « le plus gracieux des souverains ». L’adresse qualifiait les élus fédéraux comme « les plus loyaux et fidèles sujets de Sa Majesté ». Les députés du Bloc avaient quitté la salle à ce moment, mais avaient demandé d’inscrire leur dissidence à la motion.

Le premier ministre Justin Trudeau s’envolera vendredi afin d’assister aux funérailles de la défunte cheffe d’État du Canada, à Londres, lundi. Il sera accompagné de son épouse, Sophie Grégoire Trudeau, de la gouverneure générale, Mary Simon, avec son époux, Whit Fraser, des ex-gouverneurs généraux Michaëlle Jean et David Johnston, ainsi que d’anciens premiers ministres : Kim Campbell, Jean Chrétien, Paul Martin et Stephen Harper.

Seront également présents au Royaume-Uni les leaders autochtones RoseAnne Archibald, Natan Obed et Cassidy Caron, ainsi que du personnel diplomatique, des militaires et des membres de la Gendarmerie royale du Canada. La délégation comprend également le chanteur Gregory Charles, parmi d’autres membres de l’Ordre du Canada.

Finalement, une cérémonie aura lieu à Ottawa, également lundi, suivie d’un défilé commémoratif auquel le public est invité. Les responsables de l’événement ont indiqué ne pas s’attendre à la présence de manifestants dans les mêmes rues qui étaient occupées, plus tôt dans l’année, par un convoi motorisé d’opposants aux mesures sanitaires.

Le gouvernement canadien a instauré un « jour de deuil national au Canada » pour la journée de lundi en donnant congé à ses fonctionnaires, tout en invitant les provinces à suivre le pas. En pleine campagne électorale, le premier ministre du Québec a rapidement fermé la porte à cette idée.

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