Poilievre tend une branche d’olivier à son caucus québécois

Avant de rencontrer son caucus national, Pierre Poilievre a offert une visite surprise à son caucus québécois en matinée.
Sean Kilpatrick La Presse canadienne Avant de rencontrer son caucus national, Pierre Poilievre a offert une visite surprise à son caucus québécois en matinée.

Le nouveau chef conservateur Pierre Poilievre a tendu la main lundi aux députés et sénateurs québécois de son parti, dont la vaste majorité avait appuyé son adversaire Jean Charest humilié par une défaite écrasante au cours de la course à la direction qui s’est terminée cette fin de semaine.

Avant de rencontrer son caucus national, il a offert une visite surprise à son caucus québécois en matinée.

« On peut appeler ça une branche d’olivier, mais [c’était] surtout pour démontrer que le caucus du Québec est important pour lui », a expliqué en mêlée de presse le député Pierre Paul-Hus.

L’élu, qui est le seul parmi ses collègues du Québec à avoir appuyé M. Poilievre dans la course, a affirmé que tous avaient été « vraiment impressionnés » de constater que « le premier geste de Pierre Poilievre lors de cette première journée [a été] d’aller rencontrer le caucus québécois et d’avoir une discussion avec tout le monde un par un ».

Le président de ce caucus, Bernard Généreux, a indiqué que la rencontre a duré près de trois quarts d’heure. « Il nous a écoutés. Il a fait le tour. Il est venu entendre tout le monde », a-t-il dit en assurant que le moral des troupes était « très bon ».

Alain Rayes, qui a été président de campagne au Québec pour M. Charest, était absent à la réunion du caucus québécois aussi bien qu’à celle du caucus national, a affirmé M. Généreux.

« Alain avait besoin de repos. Je pense qu’il a travaillé très, très fort et il avait besoin de prendre un peu de pas de recul », a-t-il mentionné.

M. Poilievre, qui n’a pas expliqué aux médias les raisons de sa visite surprise, a cependant déclaré dans un discours devant son caucus national être « très reconnaissant » des contributions de tous les membres du caucus national « peu importe le candidat que vous avez appuyé pendant la course à la chefferie ou si vous êtes restés neutres ».

« Nous faisons tous partie de la grande famille conservatrice », a-t-il résumé.

La députée québécoise Dominique Vien, qui a été coprésidente de campagne pour M. Charest et ministre sous son ancien gouvernement québécois, a dit avoir été « contente » de la visite de M. Poilievre.

« On va laisser la chance au coureur. On va laisser le temps faire son oeuvre et le prochain rendez-vous, c’est un rendez-vous électoral », a-t-elle soutenu. Appelée à préciser si elle serait candidate aux prochaines élections, elle a répondu qu’elle ne dévoilait jamais ses intentions à l’avance de briguer un suffrage ou non.

Poilievre lance un défi à Trudeau

Devant le caucus national, M. Poilievre a profité de son premier discours après son élection pour lancer « un défi » au premier ministre Justin Trudeau.

« Si vous comprenez la souffrance des Canadiens qui ne peuvent pas payer le prix de l’essence, qui ne peuvent pas acheter une maison, qui paient plus pour leur hypothèque à cause des augmentations de taux d’intérêt […], faites un engagement aujourd’hui : pas d’augmentations de taxes, pas d’augmentations d’impôts, réduisons le coût de la vie pour les Canadiens », a-t-il dit.

Le nouveau chef, pour sa part, s’est dit prêt à travailler avec les autres partis politiques pour faire avancer les intérêts des Canadiens, après avoir qualifié l’alliance entre le gouvernement libéral et le Nouveau Parti démocratique de « coalition radicale “woke” ».

Le député de longue date a signalé du même souffle que les conservateurs ne feraient « aucun compromis », sous sa gouverne, sur les taxes et impôts.

« Nous nous battrons bec et ongles pour empêcher la coalition d’initier [toute augmentation] », a-t-il ajouté.

M. Poilievre a déclaré à ses collègues que les Canadiens « souffrent » et que « c’est notre travail de transformer cette peine en espoir ». Il a ajouté en faire « sa mission ».

Le chef a été une fois de plus chaleureusement applaudi après avoir affirmé vouloir faire du Canada un pays « où le gouvernement est le serviteur et où les citoyens sont les maîtres ».

Au terme de la course à la direction de son parti, le député de Carleton a raflé presque toutes les 338 circonscriptions du pays et approché la barre des 70 % de soutien des membres.

M. Poilievre a déjà commencé la transition vers son nouveau rôle de chef, ayant un peu plus d’une semaine pour le faire avant la reprise de la Chambre des communes le 20 septembre.

Il a bénéficié du soutien de 62 des 118 autres députés du parti pendant la course à la chefferie.

Il devra décider lequel d’entre eux jouera un rôle de porte-parole et tendre la main à ceux qui ne l’ont pas soutenu, y compris la plupart des 10 députés conservateurs du Québec qui ont appuyé l’ancien premier ministre du Québec Jean Charest.

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