Les industries les plus actives

Quelles industries font le plus activement du lobbying et font le plus pression sur le gouvernement? Difficile de le savoir précisément, car ce domaine reste très opaque et peu loquace. Par contre, dans les conversations avec les fonctionnaires, le personnel politique ou les ministres, les mêmes industries reviennent sans cesse lorsqu'on demande lesquelles sont les mieux organisées: celles de la pharmaceutique, de l'automobile, du textile, des mines, de l'aérospatiale, du pétrole, de la santé et des banques reviennent toujours en tête de liste. Les géants qui évoluent dans des domaines liés à la propriété intellectuelle, comme Microsoft, Apple, Intel ou Nortel, sont aussi très actifs.

Ces industries et toutes les entreprises qui les composent utilisent deux types de lobbyistes: d'abord, leurs employés à l'interne dédiés à ce champ d'activité, nommé relations gouvernementales — il n'est jamais écrit lobbyiste sur les cartes d'affaires; puis, des firmes de consultants comme Hill and Knowlton, Earnsliffe ou Global Public Affairs pour des dossiers plus complexes ou qui demandent de meilleurs contacts dans la machine politique.

«Nous faisons beaucoup de lobbying et nous allons continuer à en faire aussi longtemps que nous n'aurons pas le meilleur environnement possible où évoluer, comme toutes les industries au pays le font», soutient Jacques Lefebvre, de Rx&D, l'association qui fait du lobbying pour les grandes compagnies pharmaceutiques. Ces dernières font toutes leur propre lobbying individuellement, en plus de celui effectué par leur association. Rx&D, qui compte deux employés à temps plein pour faire du lobbying, engage aussi trois firmes de consultants selon les dossiers, dont la très puissante Earnscliffe, près du premier ministre Paul Martin.

Comme les autres industries, les sommes que les compagnies pharmaceutiques engloutissent chaque année en lobbying sont considérables. Il est par contre impossible de savoir combien d'argent est consacré à cette activité au pays, puisque rien n'oblige les entreprises à dévoiler leurs chiffres, contrairement aux lois en vigueur dans plusieurs États américains. Le monde des marchands d'influences est très discret et les entreprises se gardent bien de parler d'argent. «On parle certainement de plusieurs centaines de millions de dollars par année», soutient John Chenier, ancien lobbyiste et éditeur de la publication spécialisée Lobby Monitor, la bible du milieu.