La Cour suprême aussi réclame plus de sécurité

La Cour suprême se trouve à 700 mètres du parlement, mais on peut s’en approcher librement.
Justin Tang La Presse canadienne La Cour suprême se trouve à 700 mètres du parlement, mais on peut s’en approcher librement.

Alors que le gouvernement et le sergent d’armes du Parlement planchent sur de nouvelles mesures pour rehausser la sécurité des élus fédéraux, le juge en chef de la Cour suprême, Richard Wagner, réclame de ne pas être oublié.

L’enceinte parlementaire a vu nombre de nouveaux dispositifs être installés depuis la fusillade au parlement en 2014, comme des bollards, qui y bloquent l’accès routier. « Mais malheureusement, j’ai l’impression que, jusqu’à un certain point, l’édifice de la Cour suprême est un petit peu le parent pauvre de ces mesures-là », a déclaré le juge Wagner jeudi, lors de sa conférence de presse annuelle dans un édifice de la rue Wellington, laquelle rue a par ailleurs été piétonnisée après que le convoi de camionneurs l’eut paralysée cet hiver.

« J’ai demandé à plusieurs reprises que l’édifice de la Cour suprême fasse partie des édifices à protéger, fasse partie de la zone de protection additionnelle », a expliqué le juge en chef du plus haut tribunal du pays. La Cour suprême se trouve à 700 mètres du parlement, mais on peut s’en approcher librement.

Le juge Wagner a justement invoqué l’occupation du centre-ville d’Ottawa par des camionneurs pour sommer le gouvernement d’acquiescer à ses demandes. « J’ose espérer que les derniers événements qu’on a vécus en janvier dernier vont amener les autorités à considérer la Cour suprême du Canada comme étant un immeuble quand même fondamental et important à protéger. »

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, a promis de se pencher sur ses demandes. « La sécurité est un problème pour toutes nos institutions fédérales, même la Cour suprême, a-t-il convenu. On va étudier la question et faire des progrès cet été. »

Le ministre Mendicino a indiqué, en entrevue au Devoir mercredi, qu’il envisageait différentes options pour protéger davantage les parlementaires, qui sont de plus en plus la cible de menaces et qui se font même parfois désormais apostropher de façon agressive dans la rue. Ottawa pourrait offrir un service de sécurité à tous les ministres et chefs de parti, ou leur permettre d’être accompagnés d’un chauffeur armé, comme c’est le cas à l’Assemblée nationale. À l’heure actuelle, seul le premier ministre du Canada est accompagné en tout temps d’un agent de sécurité. Les ministres et chefs de parti peuvent profiter de ce même service au besoin.

Le juge en chef a dit ne pas être « au courant de menaces particulières » faites à l’endroit de ses collègues. « Mais il faut être vigilant », a-t-il affirmé.

Le ministre Mendicino a en outre laissé entendre que le parlement pourrait compter davantage d’agents de sécurité dès cet été.

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