Contrats de commandite - L'opposition tente d'incriminer Gagliano

Est-il possible que les hauts fonctionnaires des Travaux publics aient violé «toutes les règles» de gestion dans l'attribution de contrats à la firme Groupaction Marketing sans que le ministre d'alors, Alfonso Gagliano, ait été mis au parfum? Non, pensent le Bloc québécois et l'Alliance canadienne. Et c'est pour cette raison que le nouvel ambassadeur au Danemark doit être questionné sur le dossier.

L'opposition tente depuis longtemps de prouver que M. Gagliano a trempé dans le favoritisme et le patronage. Cette fois, on pense que le rapport de la Vérificatrice générale incriminant les hauts fonctionnaires du ministre prouve que ce dernier n'est pas blanc comme neige.


«Les fonctionnaires ne violent pas les règles sur un coup de tête. Quelqu'un leur a demandé de le faire», a lancé l'allianciste Jason Kenney. Parce qu'un fonctionnaire qui agirait ainsi de son propre chef, fait valoir le député, «compromettrait sa carrière».


Dans son rapport, Sheila Fraser a pointé les fonctionnaires responsables du programme de commandites de 40 millions de dollars: Charles Guité, ex-directeur exécutif de la Direction générale des services de coordination des communications aux Travaux publics, et son successeur Pierre Tremblay, qui avait été auparavant le chef de cabinet d'Alfonso Gagliano.


Sans compter que le ministre des Travaux publics avait reçu en 2000 un rapport de vérification interne faisant état de problèmes de gestion similaires. «Comment pourrait-on croire que le lieutenant politique du premier ministre pour le Québec, le ministre des Travaux publics, Alfonso Gagliano, ait reçu ce rapport sans rien faire et sans en discuter avec le premier ministre ou son bureau?», a demandé le bloquiste Yvan Loubier.


Le NPD demande également que M. Gagliano soit convoqué par le comité des Comptes publics (présidé par un allianciste) pour déterminer au juste qui avait incité les fonctionnaires à contrevenir aux règlements.





Pas cher, pas cher


Le gouvernement tente toujours, tant bien que mal, de justifier comment il a pu payer jusqu'à 23 fois plus cher que le gouvernement du Québec pour des publicités dans l'Almanach du peuple. Le ministre Don Boudria a remis aux médias hier une grille tarifaire indiquant que les prix en vigueur pour la publication étaient d'environ 3700 $ la page. En achetant 145 pages, il était donc normal de débourser 525 000 $ en commandites. Le solde du contrat de
600 000 $ aurait été versé à Groupaction Marketing, qui a agi à titre d'intermédiaire. Son rôle aurait été, explique-t-on au bureau du ministre, de mettre en forme les informations à être publiées.


«On a payé le tarif dans le catalogue, a déclaré M. Boudria. Est-ce qu'on aurait pu négocier un meilleur deal? Je n'en sais rien, mais de là à dire qu'on a payé 21 fois le prix du marché, l'allégation était fausse.» Sans se vanter d'avoir eu «un deal», M. Boudria rappelle que le gouvernement a bel et bien eu les pages de publicité et rejoint le marché qu'il visait. «Les gens ont été payés pour leur travail.»


Ces explications n'ont pas satisfait Michel Gauthier, du Bloc québécois. «Ou bien il y a des mandats bien particuliers dont ils ne veulent pas parler et qui coûtent extrêmement cher, auquel cas on serait très intéressés de savoir lesquels, ou bien il n'y a pas de mandat particulier et le gouvernement s'est servi de ces contrats-là pour passer de l'argent ou pour qu'il y ait de la propagande qui se fasse autrement.»