Perspectives: Que nous réserve 2005? - Un programme chargé

Ah! la politique! Qu'elle soit grande, qu'elle soit petite, qu'elle soit locale, nationale ou internationale, on ne saurait s'en passer. L'année qui s'achève ne nous a pas fait faux bond; elle a permis d'assister à un changement d'attitude d'un gouvernement pour le Québec, à un changement de gouvernement pour le Canada et à la réélection d'un président impopulaire partout dans le monde sauf aux États-Unis.

Ainsi, par exemple, de plus en plus soucieux de son image alors qu'il est presque à mi-mandat, le gouvernement du Québec a mis au rancart le projet du Suroît et adouci son discours à l'endroit des acteurs sociaux échaudés depuis l'élection du gouvernement de Jean Charest, et ce, toutefois, au prix d'une mobilisation importante au sein de la population. Concurremment, les Canadiens, peu sûrs de leur choix, ont élu un gouvernement minoritaire, le premier en deux décennies, assurant à Paul Martin de réaliser la moitié de son grand rêve. Pour sa part, l'empire américain s'est enlisé davantage dans sa politique internationale.

Malgré une économie somme toute bien portante, tout cela n'a pas empêché une augmentation palpable de l'insécurité au sein des populations. Un peu comme si les dirigeants de tout ordre étaient incapables de comprendre la véritable prise de conscience des populations des menaces actuelles, que ce soit sur le plan environnemental ou social, voire en regard de la menace du terrorisme et des iniquités, et de s'attaquer à des solutions viables.

Que nous réserve l'année nouvelle? Maintenant qu'il a enrayé l'hémorragie de la défaveur populaire, Jean Charest s'assurera de mieux paraître aux yeux de l'électorat mais, pour ce faire, il aura besoin de l'aide d'Ottawa et de ses deniers, nous dit Robert Dutrisac. Des négociations bilatérales accapareront beaucoup de son temps, que l'on pense au dossier des congés parentaux, aux services de garde ou à celui des infrastructures qui touche directement le monde municipal.

Paul Martin, lui, fait face au défi de «durer», nous explique Manon Cornellier. Pourra-t-il faire mieux en 2005 que l'an dernier? Cesser de pelleter les problèmes vers l'avant? Il aura un oeil sur ses dossiers, tentant de percevoir le «bon timing» pour des élections s'il se présente, et l'autre sur ses adversaires politiques, des autres partis et à l'intérieur de celui qu'il préside.

Le programme sera très chargé sur la scène internationale. L'Irak et la question israélo-palestinienne accapareront encore cette année une bonne partie des agendas, écrit Guy Taillefer. Deux importants scrutins auront lieu en janvier, l'irakien et le palestinien. George W. Bush forcera-t-il une stratégie de sortie de crise? Remettra-t-il le ballon irakien à l'ONU? Progressera-t-il dans la croisade contre le terrorisme?

D'autres dossiers retiendront l'attention. Le ralentissement économique prévisible pourrait freiner les politiques de développement des pays pauvres. Et que dire du VIH, du milliard d'enfants en difficulté, des guerres à petite échelle qui perdurent un peu partout? Cela, sans oublier l'Afrique, qui n'existe à nos yeux que par ses conflits.

Bonne année.