Ottawa maintient le cap sur sa gestion des arrivées irrégulières de migrants

Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, commande aux agents frontaliers de respecter l’Entente sur les tiers pays sûrs, ce qui ne laisse présager aucun changement dans la gestion de la frontière au chemin Roxham.
Patrick Doyle La Presse canadienne Le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, commande aux agents frontaliers de respecter l’Entente sur les tiers pays sûrs, ce qui ne laisse présager aucun changement dans la gestion de la frontière au chemin Roxham.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique demande à ses agents frontaliers une « gestion sécuritaire et compatissante » des arrivées à la frontière avec les États-Unis, et leur commande de respecter l’Entente sur les tiers pays sûrs tout en accélérant les procédures de renvoi du pays.

Le ministre Marco Mendicino a dévoilé vendredi les lettres de mandat qu’il a écrites pour différentes agences fédérales sous sa responsabilité. Sa lettre adressée au personnel de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ne fait aucune mention explicite du chemin Roxham, au Québec, mais ne laisse présager aucun changement fondamental dans sa gestion.

Le gouvernement Legault demande régulièrement au fédéral de « fermer » ce point de passage irrégulier qu’emprunteraient jusqu’à 35 000 demandeurs d’asile cette année pour se rendre au Québec, selon ses estimations. Cette situation est causée par le fait que l’Entente sur les tiers pays sûrs, conclue avec les États-Unis, empêche les migrants de se présenter aux postes frontaliers réguliers, desquels ils seraient rejetés.

« En ce moment, il faut continuer de mettre en œuvre toutes les lois, toutes les politiques qui sont là pour renforcer l’intégrité de nos frontières et de notre système d’immigration, et même pour respecter les droits des demandeurs d’asile », a indiqué le ministre Marco Mendicino, dans une entrevue avec Le Devoir qu’il a sollicitée.

« Fermer » le chemin Roxham

Même si c’est désormais la tâche de son collègue Sean Fraser, le ministre de l’Immigration, de moderniser l’entente avec les États-Unis sur l’immigration, Marco Mendicino se dit « optimiste » qu’une nouvelle entente permette de « fermer » le point de passage de Roxham. Ce, même si le premier ministre Justin Trudeau a laissé entendre que ce sont les États-Unis qui ont peu d’appétit pour régler le dossier.

« Nous avons de bonnes relations avec les États-Unis. On a fait beaucoup de progrès sur cet exercice. […] Ils [les Américains] veulent aussi faire des progrès sur la modernisation de cette entente, c’est important pour eux aussi », dit le ministre Mendicino, qui était responsable du dossier jusqu’aux élections de 2021.

Il insiste sur le fait que son gouvernement apporte de l’aide au gouvernement du Québec « chaque jour, chaque mois, chaque année » pour l’aider à gérer l’arrivée des demandeurs d’asile au chemin Roxham. « Ça démontre la bonne foi entre nous deux. »

Le ministre dit mettre à jour les missions de ses agences à ce « moment approprié » afin de faire preuve « de plus de transparence ». Il demande notamment à différents agents fédéraux de s’attaquer au racisme systémique pour « rétablir la confiance » à l’égard de ces institutions.

Marco Mendicino a déposé jeudi dernier le projet de loi C-20 afin de créer un nouvel organisme d’examen des plaintes du public contre l’ASFC, et demande maintenant à son agence de s’y préparer.

Pour « mettre fin à la migration irrégulière », M. Mendicino demande à ses agents d’accélérer le traitement des demandes d’asile et d’accélérer le renvoi du pays des personnes inadmissibles.

Finalement, l’ASFC devra aussi accroître son utilisation des « technologies numériques » pour améliorer l’efficacité des procédures à la frontière. Les agents frontaliers sont invités à transmettre au ministre leurs conseils qui favoriseraient la circulation des personnes après la pandémie.



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