Dons d'organes: les provinces changent les règles

Québec — Le Québec et l'Ontario feront des retouches aux procédures de dons d'organes en 2005, mais, de l'avis d'un militant de cette cause, le système a plutôt désespérément besoin d'une refonte complète.

Dirigeant du groupe Step by Step qui s'occupe du don d'organes, George Marcello affirme que des citoyens meurent alors que les provinces n'en sont encore qu'à peaufiner les règles afin d'encourager davantage les dons d'organes.

«Ce ne sont que des retouches mineures, c'est tout», a dit M. Marcello, qui a lui-même reçu un foie.

Le groupe Step by Step a récemment commandité la traversée du pays entreprise par Kristopher Knowles, de Sarnia (Ontario), qui espère lui aussi une transplantation de foie.

«Ce jeune homme attend, des Canadiens meurent chaque jour, tandis qu'eux, ils font du fignolage, a déclaré M. Marcello. Cela me dégoûte qu'on ne fasse rien de plus.»

Une loi adoptée récemment par Québec stipule que les demandeurs de carte d'assurance-maladie doivent obligatoirement indiquer s'ils veulent ou non donner leurs organes.

En 2005, l'Ontario exigera de tous les grands hôpitaux qu'ils avertissent les responsables des transplantations de la présence de donneurs potentiels. Les autorités évalueront alors les patients, tandis que les hôpitaux devront effectuer des démarches auprès des familles de chaque donneur apte.

«Nous estimons que ces mesures, une fois mises en oeuvre, feront partie intégrante des soins palliatifs et amélioreront nos statistiques comme jamais auparavant», a lancé la présidente intérimaire de l'agence ontarienne responsable des dons d'organes, Sue Wilson.

Environ 4000 Canadiens et Canadiennes figurent sur les listes d'attente des dons d'organes.

M. Marcello et d'autres militants souhaitent qu'on inverse les règles: ce serait plutôt ceux qui refusent de céder un organe qui auraient à s'inscrire à l'avance. Selon ce principe de consentement présumé, les médecins présumeraient que tout citoyen hospitalisé est prêt à faire un don d'organes.

M. Marcello estime que les Canadiens accepteraient ce changement, car les sondages indiquent que la majorité est favorable aux dons d'organes, même si la plupart des répondants n'avaient pas signé leur carte de donneur.

Cependant, la porte-parole de la société responsable des transplantations en Colombie-Britannique, Sally Greenwood, a plutôt rétorqué que les Canadiens seraient rebutés par les dons forcés. «Nous vivons dans une société fondée sur les droits et libertés de la personne.»

Les autorités en Ontario en Colombie-Britannique ont précisé que les pratiques et styles de vie plus sécuritaires qui ont cours actuellement sont devenus le principal obstacle à l'accroissement des dons. En effet, les skieurs, planchistes et cyclistes portent désormais couramment le casque. De même, la plupart des automobilistes portent la ceinture et conduisent des véhicules équipés de coussins gonflables.

«Le bassin de donneurs diminue, tandis que la demande s'accroît», a conclu Mme Greenwood.