À cause du scandale des commandites - Les Canadiens n'ont plus confiance en Ottawa

Ottawa — Le scandale des commandites a miné la confiance des Canadiens envers leur gouvernement, indique un récent sondage fédéral.

Le pourcentage des gens ayant affirmé que les libéraux faisaient du mauvais travail est passé à 46 %, comparativement à 33 %, à la suite du dépôt du rapport de la vérificatrice générale Sheila Fraser sur le programme fédéral de commandites, révèle cette enquête interne, obtenue par la Presse canadienne.

Le programme fédéral avait pour objectif d'accroître la visibilité d'Ottawa au moyen de différentes activités promotionnelles, à la suite de la courte victoire du camp fédéraliste lors du référendum québécois de 1995.

Mme Fraser a provoqué une tempête politique, en février, en révélant que 100 millions$ du budget du programme avaient été dépensés à mauvais escient ou l'avaient été sans laisser de traces, entre 1997 et 2003.

Le pourcentage des personnes ayant affirmé avoir une «confiance élevée» dans le gouvernement fédéral a chuté à 25 % durant l'automne 2004, contre 32 % avant le dépôt du rapport de la vérificatrice générale.

Les niveaux de confiance ont diminué dans chaque région du pays. Les baisses provinciales les plus prononcées ont été observées au Québec et en Alberta, soit des chutes de 10 et 13 %, respectivement, pendant la période entre l'hiver et l'automne.

Les résultats de ce sondage sont la conséquence de la réaction «très négligée et très peu professionnelle» du gouvernement libéral de Jean Chrétien au référendum, a estimé Michael Behiels, professeur d'histoire à l'Université d'Ottawa.

«Ils savaient qu'ils devaient faire quelque chose, mais ils se sont comportés comme une bande de cow-boys», a-t-il déclaré.

Le sondage a été mené l'automne dernier pour le compte du Bureau du Conseil privé, centre nerveux du gouvernement fédéral.

Une copie de l'enquête a été rendue publique en vertu de la Loi d'accès à l'information.

Les résultats reposent sur des entretiens menés avec 2012 Canadiens. Ils présentent une marge d'erreur d'environ plus ou moins deux pour cent, bien que celle-ci soit plus élevée dans le cas des données régionales.

Il a été impossible, hier, de joindre un porte-parole du Bureau du Conseil privé.

Les mêmes questions sont posées aux Canadiens quatre fois par année depuis l'hiver 2000, permettant aux fonctionnaires de suivre les tendances.