Pettigrew aussi a facilité l'entrée au pays d'effeuilleuses

Ottawa — Après Judy Sgro, le ministre Pierre Pettigrew se retrouve à son tour sur la sellette dans le dossier de l'embauche de danseuses exotiques à l'étranger.

Des documents obtenus en vertu de la Loi d'accès à l'information révèlent que le 28 avril 98, M. Pettigrew, qui dirigeait à l'époque le ministère du Développement des ressources humaines, a approuvé l'exemption spéciale qui a permis à des danseuses nues étrangères de venir travailler au Canada malgré des mises en garde au sein du gouvernement.

Selon le quotidien National Post, qui rapportait l'affaire hier, une note de service d'Immigration Canada daté du 8 avril 98, soit 20 jours avant que M. Pettigrew donne son aval au programme, tentait de l'en dissuader.

La note de service signalait que la profession d'effeuilleuse était étroitement liée au crime organisé et que ces femmes, principalement originaires d'Europe de l'est, risquaient d'être forcées de se prostituer.

L'un de ces documents, issu du ministère de l'Immigration et de la Citoyenneté, condamne même Ressources humaines Canada pour avoir accordé cette exemption qui va à l'encontre de la politique canadienne sur la traite internationale des femmes.

Le sous-ministre adjoint à Immigration Canada, Daniel Jean, a écrit à nouveau l'an dernier et en juin de cette année pour se plaindre que le nombre d'effeuilleuses entrant au pays à des fins de prostitution ne cessait d'augmenter.

Rappelons que l'existence du controversé programme de recrutement de travailleurs étrangers a été dévoilé il y a quelques semaines à peine, lorsqu'il fut révélé que la ministre de l'Immigration, Judy Sgro, avait accéléré l'entrée au pays d'une danseuse nue d'origine roumaine qui avait travaillé à sa campagne électorale.

L'exemption, qui a finalement été abolie le 15 décembre par l'actuel ministre des Ressources humaines, Joe Volpe, aura permis à une multitude de propriétaires de boîtes de nuit de se payer les services de danseuses étrangères sans avoir à prouver qu'ils ne pouvaient trouver, au Canada, du personnel pour combler de tels besoins.