Ottawa assure faire «des progrès» dans le dossier du chemin Roxham

«Nous sommes en train de négocier avec les États-Unis une nouvelle entente pour réguler les déplacements des demandeurs d’asile», a indiqué le ministre Marco Mendicino.
Wilson Ring Archives Associated Press «Nous sommes en train de négocier avec les États-Unis une nouvelle entente pour réguler les déplacements des demandeurs d’asile», a indiqué le ministre Marco Mendicino.

Le gouvernement Trudeau ne s’est pas engagé à fermer le passage frontalier du chemin Roxham, comme le lui demande Québec, mais assure que les négociations avec les États-Unis pour une nouvelle entente en immigration vont bon train.

« Je sais qu’il y a des progrès avec les ressources qu’on a mises sur ce point [de passage] particulier à la frontière », a assuré le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, lors d’un point de presse mercredi.

Un peu plus tôt dans la journée, le ministre de l’Immigration du Québec, Jean Boulet, avait imploré de nouveau le fédéral de fermer ce point de passage irrégulier qu’empruntent plusieurs migrants pour entrer au Québec. Il estime qu’au rythme actuel, 35 000 demandeurs d’asile se présenteront à la frontière cette année.

Le ministre Mendicino assure que le chemin Roxham est « un dossier qui est très important » pour son gouvernement, et dit qu’il « collabore toujours avec le gouvernement Legault ». Il a notamment mentionné les actions prises par son gouvernement durant les premiers mois de la pandémie, alors qu’Ottawa n’offrait carrément plus la possibilité aux migrants de déposer une demande d’asile à un point d’entrée irrégulière, provoquant ainsi la « fermeture » du chemin Roxham jusqu’en novembre 2021.

Depuis, le gouvernement du Québec lui demande périodiquement de fermer de nouveau cette voie.

Le ministre fédéral de l’Immigration, Sean Fraser, a précisé que le gouvernement devait « respecter les droits des demandeurs d’asile » et suivre « des normes légales » quant à leur accueil. Le premier ministre Justin Trudeau a plus tard ajouté que le Canada « est un pays qui accueille l’immigration parce qu’on a un système rigoureux ».

« […] nous sommes en train de négocier avec les États-Unis une nouvelle entente pour réguler les déplacements des demandeurs d’asile, a ajouté le ministre Mendicino. C’est un processus qui fait partie d’une stratégie pour défendre les droits des réfugiés et, en même temps, pour protéger tout le monde du Québec. C’est un équilibre, mais c’est important. »

Le casse-tête de l’Entente sur les tiers pays sûrs

Ottawa renégocie présentement avec Washington l’Entente sur les tiers pays sûrs, un accord qui exige que les réfugiés présentent une demande dans le premier des deux pays où ils sont arrivés. Cela incite les demandeurs d’asile à ne pas se présenter aux postes frontaliers, où ils sont refusés.

Le Bloc québécois a déposé une motion devant le Parlement, mercredi, pour demander au gouvernement de suspendre le pacte et « réclamer le passage des migrants par les voies régulières partout au Canada et, conséquemment, la fermeture du chemin Roxham ». Elle a été battue, faute d’obtenir l’unanimité.

« La capacité d’accueil responsable de l’État québécois a des limites dont il faut tenir compte — sauf si on veut, en effet, faire déborder la capacité québécoise en [matière] d’accueil, d’intégration et de francisation », a expliqué le chef bloquiste, Yves-François Blanchet.

Le Parti conservateur du Canada a aussi critiqué l’approche du gouvernement libéral, jugée trop laxiste. « Nous avons des frontières poreuses, et il semble que c’est par là que la majorité de la drogue et des armes entre [au pays]. Si nous voulons limiter l’arrivée de toutes ces drogues et armes illégales, nous avons besoin d’investir plus dans nos points d’entrée et de sécuriser le chemin Roxham », a lancé la députée conservatrice Raquel Dancho, porte-parole de son parti en matière de sécurité publique.

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