Le nouveau convoi a été dégagé d’Ottawa sans mesures d’urgence, fait remarquer le Bloc

Un groupe d’opposant aux restrictions liées à la pandémie de COVID-19 était de retour à Ottawa à partir de vendredi soir, dans un rassemblement à deux roues intitulé «Rolling Thunder».
Justin Tang La Presse canadienne Un groupe d’opposant aux restrictions liées à la pandémie de COVID-19 était de retour à Ottawa à partir de vendredi soir, dans un rassemblement à deux roues intitulé «Rolling Thunder».

L’opération policière qui a aisément dispersé la manifestation de motocyclistes contre les mesures sanitaires ce week-end à Ottawa démontre qu’il n’était pas nécessaire d’invoquer les mesures d’urgence cet hiver, dit le Bloc québécois.

« Trois jours plus tard, [ce nouveau convoi contre les mesures sanitaires] était déjà fini, parce que tout le monde a fait son travail. Et, miracle, on n’a pas eu besoin des mesures d’urgence, Monsieur le président. Donc la question à 1000 $ : ça servait à quoi, la Loi des mesures d’urgence cet hiver, finalement ? » a demandé le leader parlementaire du Bloc québécois, Alain Therrien, lors de la période de questions de lundi.

Un groupe d’opposants aux restrictions liées à la pandémie de COVID-19 était de retour à Ottawa vendredi soir dernier dans le cadre d’un rassemblement de deux roues baptisé « Rolling Thunder ». Comme lors du Convoi de la liberté, qui a perturbé Ottawa durant trois semaines cet hiver, des véhicules lourds et des camionnettes prenaient aussi part au cortège antigouvernemental, qui s’est déroulé jusqu’à dimanche et a été ponctué de quelques affrontements avec les forces de l’ordre.

Les policiers d’Ottawa ont été très présents au centre-ville avant même l’arrivée des premiers manifestants et ont distribué des centaines de contraventions en marge de l’événement. L’opération marque un contraste frappant avec la stratégie adoptée lors du Convoi de la liberté, en février, alors que de simples avertissements ont été distribués près de trois semaines après le début du blocage des rues de la capitale fédérale.

Les lois ordinaires auraient suffi, dit Alain Therrien

Selon la description des événements du week-end par le député Alain Therrien, « quand les [manifestants] ont tenté de s’installer dans le périmètre de sécurité pour bloquer le centre-ville, ils ont immédiatement été arrêtés. Il n’y a pas eu de dérapage, les commerces sont restés ouverts ».

Selon le Bloc québécois, cette opération efficace constitue la preuve même que le fédéral aurait pu agir plus rapidement pour éviter les débordements observés lors du Convoi de la liberté en vertu des lois ordinaires, notamment par une meilleure coordination des différents corps policiers.

La députée conservatrice Raquel Dancho a aussi repris le flambeau de son parti pour faire valoir l’inutilité d’avoir invoqué les mesures d’urgence cet hiver. Elle a ironiquement fait remarquer que les élus ont eux-mêmes dû traverser le Convoi de la liberté pour se rendre au travail. « Soit il n’y avait pas de réelle menace et [les libéraux] compensaient pour leur gestion incompétente de la manifestation, soit ils nous ont tous mis en danger sciemment », a-t-elle constaté lundi.

Le ministre fédéral de la Sécurité publique, Marco Mendicino, s’est à chaque fois levé pour rappeler les raisons de l’invocation des mesures d’urgence. « Dans ce temps, on en avait besoin », a-t-il répondu en français, rappelant que d’autres blocages ont eu lieu ailleurs au pays à des points frontaliers du Canada.

Le Bloc québécois et le Parti conservateur du Canada ont voté contre l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence, lorsque le Parlement a été consulté sur la question le 21 février. Le gouvernement Trudeau souhaitait ainsi mettre fin au blocage de poids lourds du Convoi de la liberté. Seul le centre-ville d’Ottawa était toujours occupé par des manifestants à ce moment. Le vote a été remporté grâce à l’appui du Nouveau Parti démocratique (NPD).

La Loi sur les mesures d’urgence s’est appliquée pendant neuf jours, à partir du 14 février dernier. Elle a principalement servi à forcer la collaboration d’entreprises de remorquage et à geler les comptes bancaires de manifestants.

Amendes et arrestations

Le Service de police d’Ottawa (SPO) s’est félicité samedi que « de nombreux convois » autour d’Ottawa ont renoncé de se rendre jusqu’au centre-ville en raison « de la démarche opérationnelle de la police ».

Ses agents et ceux d’autres corps policiers présents ont émis pas moins de 761 contraventions de stationnement et 10 constats pour des infractions diverses, comme émettre du bruit excessif, encombrer la voie publique ou uriner en public. Une quarantaine de véhicules ont été remorqués, et trois personnes ont été arrêtées, dont deux pour ne pas avoir respecté leurs conditions de remise en liberté.

Une femme a été arrêtée pour voie de fait sur la police, et un homme qui aurait tenté de foncer sur un policier à moto fait face à plusieurs accusations, comme conduite dangereuse, refus de fournir un échantillon, voies de fait contre un agent de la paix et agression armée.

À voir en vidéo