La transition énergétique oui, mais pas «trop loin, trop vite», dit Trudeau

«Il faut être pratico-pratique, il faut être rationnel et raisonnable», a soutenu M. Trudeau, qui répondait aux questions du président du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn, et de la présidente du conseil d’administration, Émilie Dussault.
Graham Hughes La Presse canadienne «Il faut être pratico-pratique, il faut être rationnel et raisonnable», a soutenu M. Trudeau, qui répondait aux questions du président du Conseil du patronat du Québec, Karl Blackburn, et de la présidente du conseil d’administration, Émilie Dussault.

L’ambition doit être au rendez-vous pour réaliser la transition énergétique, mais il faut éviter d’aller « trop loin, trop vite » afin d’obtenir l’adhésion des citoyens, croit Justin Trudeau.

Le premier ministre a tenu ces propos à l’occasion d’une séance de questions-réponses sur le dernier budget fédéral devant des membres du Conseil du patronat du Québec (CPQ), vendredi midi, à Montréal.

Selon M. Trudeau, il vaut mieux parler de changements « fermes et déterminés » plutôt que de changements radicaux lorsqu’il est question de lutte contre le réchauffement climatique et de protection de la nature.

 

Pour parvenir à la promesse de son gouvernement vers une carboneutralité en 2050, « il faut surtout qu’on amène les citoyens avec nous », a-t-il affirmé.

« Mais si on va trop loin, trop vite, et qu’on finit par perdre les familles qui ne voient pas comment elles vont payer leur loyer, l’épicerie ou s’occuper de leurs enfants, ils vont reculer dans le court terme. On a besoin que les gens réfléchissent dans le moyen et long terme dans leurs choix politiques, économiques, dans leurs investissements », a poursuivi M. Trudeau.

En mars dernier, Ottawa a présenté son plan visant à diminuer les émissions de gaz à effet de serre (GES) de 40 à 45 % sous les niveaux de 2005 d’ici 2030.

La réduction des émissions de GES doit se faire de façon à démontrer qu’il y a de la place pour tout le monde, de même que pour les familles défavorisées et les petites entreprises, a-t-il ajouté, en réponse à une question sur le soutien que le fédéral pourrait offrir aux entreprises relativement à la transition verte.

« Si on ne trouve pas des façons de les aider, de les encourager et de leur permettre de faire ces investissements et transformations nécessaires pour l’environnement, on ne va pas y arriver, malgré tout le désir au monde de lutter contre les changements climatiques », a aussi dit le premier ministre.

« Il faut être pratico-pratique, il faut être rationnel et raisonnable », a soutenu M. Trudeau qui était accompagné du président et chef de la direction du CPQ, Karl Blackburn, et de la présidente du conseil d’administration, Émilie Dussault.

Il a dit que son gouvernement tente « d’aller le plus rapidement possible » et d’agir sur le long terme.

Bois d’œuvre : arrêter « de se faire mal »

M. Trudeau a été questionné sur divers enjeux, notamment sur la manière dont il entend régler le conflit du bois d’œuvre entre le Canada et les États-Unis. Une situation qui perdure depuis plus de 40 ans et qui représente « une épée de Damoclès sur la tête des entreprises canadiennes », a soutenu M. Blackburn.

Le premier ministre entend continuer de travailler avec les États-Unis sur ce dossier. Il voit une fenêtre d’opportunité dans un contexte où les pays occidentaux cherchent davantage à s’entraider devant la situation internationale actuelle.

« Qu’on arrête de se faire mal entre alliés à un moment où on veut justement réussir tous ensemble à pouvoir contrer cette vague d’injustice, d’autoritarisme ou du manque de respect pour l’environnement. […] On va continuer de démontrer que des partenariats, des approches stratégiques, ça bénéficie à tout le monde », a dit M. Trudeau.

D’après lui, le lobby et l’industrie forestière américaine ont pu exercer une pression sur Washington pour maintenir des tarifs élevés sur le bois d’œuvre, « ce qui est ridicule » à son avis, car les États-Unis doivent « importer du bois pour pouvoir subvenir à leurs propres besoins ».

D’autre part, M. Trudeau s’est montré ouvert à profiter de la réforme de l’assurance-emploi pour mieux soutenir la formation chez les travailleurs.

Il a aussi parlé de l’importance de développer une meilleure capacité de commercialisation des entreprises canadiennes.

M. Trudeau était de passage à Montréal pour annoncer la venue d’une usine de fabrication de vaccins du géant pharmaceutique Moderna.

Cet article a été produit avec le soutien financier des Bourses Meta et La Presse canadienne pour les nouvelles.



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